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Tajmâat : Proverbes suédois et kabyles même sens et même combat à Ath Seksou Sezviv

Classé dans : Accueil — Mohand Said Belkacemi @

(Un reportage imaginaire de BMS) -  Avec rectif passage en bleu.

Tizi-ouzou, 7 mars 2008 (bms)- J’ai attendu sans résultat, l’autre jour, que mon rédacteur en chef n’Lakhar nezman (décadent) me bip sur mon portable pour que comme d’habitude je l’appelle afin qu’il me donne l’instruction d’aller couvrir un grand débat au village Ath Seksou Sezviv (le village du Couscous aux raisins secs) qui tient pourtant tout le monde en haleine.
Tajmâat : Proverbes suédois et kabyles même sens et même combat à Ath Seksou Sezviv  dans Accueil bmsn11    Qu’à cela ne tienne! J’ai pris la décision moi-même d’aller assister à ce débat tant il concerne indirectement notre profession de journaliste que des rédacteurs en chef comme le mien ont réduite à sa plus simple expression. Un comble!
   Qu’en est-il au juste?
    Tout est parti d’une simple critique à laquelle s’est livrée Dda Amar sur de louches affaires dans lesquelles Dda Ouali Boulamlayar (l’homme aux milliards) s’est engagé. Dda Amar n’a pas su tenir sa langue encore une fois, d’ou son surnom d’ailleurs de Dda Amar Lakritic. Plus grave encore, il a utilisé le Canal de Dda Omar  »Vouyssalen (aux nouvelles) » qui n’a pas manqué d’ébruiter davantage l’affaire croyant comme toujours qu’il y va de la transparence publique.
    Et ce qui devait arriver arriva. L’affaire prend des proportions dangereuses et une assemblée générale du conseil du village n’est pas de refus pour remettre à leurs justes proportions les intentions des uns et des autres.
    J’étais étonné part la grande foule qui est venue à cette assemblée générale.
    Pour la première fois les gens  étaient plus nombreux que lorsqu’il s’agissait d’un enterrement.
    Les gens d’Ath Seksou Sezviv, comme ceux des autres villages, sont très disciplinés lorsque quelqu’un venait à mourir. Tout le monde vient assister à l’enterrement. C’est une question de principe, me disent certains. Mon œil! En vérité les gens ont plus peur de l’enterrement que de la mort ou de l’au-delà. Ils ont peur de se retrouver un jour seuls à enterrer leurs proches s’ils ne venaient pas eux-même aux enterrements des autres. Ils cracheraient sur de bonnes occasions de se retrouver comme les mariages, les circoncisions etc. Mais pour les enterrements  tout le monde est là.
    A peine le chef du village arrivé que c’est le silence glacial, global et dans le détail sur la place du village (Tajmâat).
     Dda Amar impatient à intervenir allait vite demander la parole lorsque Dda Ouali le toisa d’un regard menaçant pour lui dire:
    – Ketch Belâaaa!
    – Qu’est-ce qu’il a dit? demanda Dda Amar à son voisin.
    – Il t’a dit: toi tu la ferme!
    Sur ce Dda Amar se tourne vers Dda Ouali et lui dit:
    – Ed K’etch ara tsi firmine!!!
    – Qu’est-ce qu’il a dit? demanda Dda Ouali à son voisin:
    – Il t’a dit: Belâa toi-même!!!
    Les choses allaient dégénérer lorsque Dda Kaci (pas Abdmeziem de kabylienews mais son clone d’Ath Seksou Sezviv) intervient pour dire d’une façon magistrale:
    – Nous ne sommes pas venus ici pour que chacun se mette à empêcher l’autre de parler. A l’ère des satellites, des chaînes satellitaires et de la pensée satellitaire, chacun doit pouvoir dire ce qu’il veut dire mais calmement, honnêtement et …
    – … Et satellitérement, dira mon voisin à voix basse.
    Le chef du village intervient sans trop se mouiller pour demander aux deux protagonistes de s’expliquer à tour de rôle.
    Dda Ouali s’est déclaré offensé et diffamé pour les propos colportés par Dda Amar. Celui-ci intervient par la suite pour dire qu’on ne cache pas une vérité qui se sait d’ailleurs dans tout le patelin.
    Le chef du village demande à Dda Kaci de diriger le débat prétextant un message urgent qu’il a reçu sur son portable.
    Un grand silence suit pendant de longues minutes, chacun préférant commenter l’affaire avec son voisin du coin au lieu d’intervenir publiquement pour donner un avis. Il faut dire que les gens ont toujours le trac d’intervenir devant cette auguste assemblée tant ils redoutent de se tromper pour devenir ensuite la risée des autres.
    Dda Kaci se débarrassera rapidement de cette situation en demandant son avis à Dda Mhand le Suédois.
    Dda Mhand le Suédois, pour ceux qui ne le connaissent pas, est du genre à démêler le nœud des conflits en usant de proverbes et de poèmes. Poète à ses temps perdus, ce qui est souvent le cas, il est surnommé le Suédois depuis qu’il a consacré un long poème à Alfred Nobel, le grand homme par qui sont arrivés tant de prix nobel qui récompensent chaque année ceux qui aident l’humanité à avancer… pas à reculer.
    Dda Mhand par admiration à Alfred Nobel s’est même donné le temps d’apprendre le suédois. Il est redouté parce que celui qui ose le contrarier est condamné à avoir un mauvais rôle dans sa littérature de proverbes et de poèmes…
    Pour l’affaire qui nous concerne, il a vite compris que Dda Ouali n’accepte aucune critique pour ce qu’il fait. Il veut les sous sans les soucis qui vont avec alors que Dda Amar veut garder sa liberté de commenter et n’entend pas se faire dicter la conduite par personne.
    Pour régler le conflit Dda Mhand propose aux deux protagonistes de s’inspirer d’un proverbe suédois (une tradition chez lui) qui, d’après lui, dit:  »A Vesch Meith jiw tak truh », c’est à-dire, dit-il, que la vie est  ainsi faite et que personne ne peut atteindre deux objectifs opposés à la fois; nous a-t-il expliqué.
    – Tiens! le suédois ressemble au kabyle, dira Dda Mahmoud Trajmane (l’interprète) qui a cru entendre  »A vu Snath Yiwet Aketruh » (Celui qui court derrière deux choses à la fois perdra l’une d’elle).
    J’ai rédigé le lendemain un article très coloré pour dire qu’on ne peut pas vivre entre deux extrémités: soit on est honnête ou malhonnête, droit ou maladroit, pauvre ou riche, franc ou menteur, démocrate ou dictateur, journaliste ou rédacteur en chef, Dda Amar ou Ouali, pardon … ou Oualou (rien)…
      A ma grande surprise, le rédacteur en chef a refusé net le reportage. Il m’a même encore collé une mise à pied de trois jours. Pour une fois je n’ai pas protesté car l’événement à Ath Seksou Sezviv méritait le déplacement surtout que le rédacteur en chef avait voulu m’envoyer couvrir une assemblée générale chez les Béni Naâam. Cela aurait été un vrai supplice un journaliste…comme moi d’entendre ces gens dire tout au long de l’assemblée  »nâam »,  »nâam double ou dez » (oui-oui).. »Nâam triple et encore »,  »nâam à l’infini » d’ou le nom de leur tribu.

Belkacemi Mohand Said

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