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Algérie-histoire-hommage : ADJABI Abdelmadjid , l’enfant fougueux de Millésimo

Classé dans : Accueil — Mohand Said Belkacemi @

AAKA_Kabylie News de BMS: Algérie Amazigh Kabylie Actualité (de Presse)

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djabi1Kabylienews se propose , à l’occasion de l’anniversaire d’un évenement historique , de vous retracer l’itinéraire de Adjabi Abdelmadjid , un enfant de Guelma.Cet itinéraire , intimement lié au mouvement national puis à la Révolution , est celui d’un homme particulièrement fougueux qui a mis cette fougue au service de son pays. Suivez nous!

Le récit

    Le 5 mai 1928, dans une famille très aisée de Guelma, dans la localité de Millésimo , pas très loin d’Héliopolis , vient au monde Adjabi Abdelmadjid dit Abdallah, fils de Rabah et de CH. Guidoum. 
    Il est fils unique.
    Rien , a priori , ne le prédestine à ce fabuleux itinéraire qui sera le sien.
    Enfant choyé par son père, Abdelmadjid suit d’abord sagement un cursus scolaire qui sera couronné par le certificat détudes primaires . Plutôt que d’aller au collège, il entre en politique: il n’a que quinze ans et le voici déjà au Parti du Peuple Algérien.
    C’est dans la cellule de Aïssani Allaoua et Aubad Saci qu’il s’éveille au nationalisme et à l’action partisane.Nous sommes en 1943.
    Deux années se passent .Et c’est déjà le 8 Mai 1945.
    Abdelmadjid est là , à Guelma , dans ce cortège qui s’ébranle pacifiquement pour réclamer le droit à l’indépendance du peuple algérien et la libération des détenus politiques , mots d’ordre des Amis du Manifeste dont fait partie le PPA.
    Au niveau de la gendarmerie , Achiary , le sous préfet , fait arrêter le cortège et demande à parler à un représentant des manifestants.
    Un jeune-Ouartsi- sort des rangs pour engager la discussion .
    Achiary laisse tomber sa casquette.Il se baisse pour la ramasser.Et tout se précipite: les soldats tirent des coups de sommation.Ils sont relayés par les gendarmes qui tirent sur la foule. Et c’est la boucherie . Abdelmadjid y échappe de justesse.
    Il sera arrêté néanmoins à trois reprises avec Hassani Chérif de Biskra . Celui ci n’en réchappera : il sera exécuté.
    Il n’est plus question de rester à Guelma où les fours à chaux de Millésimo accomplissent leur innommable besogne.Il faut partir.Mais où ?

    Evidemment, quand on a fait partie de ce cortège , quand on a vu la boucherie à laquelle on a soi même échappé in extrémis , on n’a qu’une idée fixe : partir là où
on peut acquérir les moyens de la vengeance , les moyens de chasser les assassins, d’en finir définitivement avec les Achyari, d’exterminer la vermine coloniale.
    Il faut donc apprendre, à son corps défendant, comment donner la mort aux intrus puisque cela s’avère nécessaire pour sauvegarder la vie des siens.
    Abdelmadjid pense d’abord à se rendre au Pakistan. Il a appris qu’on pouvait y apprendre le métier des armes.
    C’est Khalil Mokhtar , un jeune de Khenchla qui lui fera changer d’avis.Venu rendre visite à de la famille à Guelma , Mokhtar se lie d’amitié avec Abdelmadjid. Il
lui parle de Tunis.Il lui parle de la Zitouna où il poursuit ses études.
    Va pour Tunis! Va pour la Zitouna! Et voilà donc notre héros qui débarque en Tunisie. Nous sommes en 1946.
    Commence alors, pour Adjabi, une période relativement calme qu’il consacre aux études dans la prestigieuse Zitouna et à l’action politique en milieu
estudiantin. Dans le microcosme algérien de Tunis il découvre la chaleur de l’amitié, le sens de la solidarité et l’esprit de fraternité.
    Il en va ainsi jusqu’en 1951. La découverte , en mars 1950 , de l’Organisation Spéciale, organisation clandestine mise en place par le Parti du Peuple Algérien en
vue de l’action armée pour la libération du pays, entraine une répression coloniale terrible qui met sur le chemin de l’exil de nombreux cadres du PPA.
    Une grande partie de ces cadres se retrouve à Tunis . Il faut les prendre en charge en charge.
    Sollicité par Abdelhamid Mehri, responsable des étudiants algériens, Abdelmadjid Adjabi accepte volontiers de s’occuper de certains d’entre eux, vu que sur le
plan financier, grâce à la générosité de son père, il est à l’aise.

    Le groupe dont s’occupe Abdemadjid se compose de:
    -Djehaiech , originaire de Khenchla
    -Noureddine SOUAI , tailleur de son état et accessoirement foot-balleur à Tebessa
    -Bendjeddou Mohamed , de Tébessa.
    Ce dernier , qui était recherché depuis le démantèlement de l’OS , sera arrêté par la police devant le restaurant tenu par un certain Mohamed Tayeb Archi
fréquenté par les étudiants.En vertu de quoi cette arrestation est-elle opérée?
    Depuis le 12 Mai 1881 date de la signature du traité du Bardo la Tunisie est sous protectorat français.Le régime du protectorat est aggravé par les conventions de
la Marsa qui accordent à la France le droit d’intervenir dans la politique extérieure , la défense et les affaires intérieures de la Tunisie ce qui explique l’arrestation de
Bendjeddou. Les Français font absolument ce qui leur plait en Tunisie.
    Abdelmadjid Adjabi achève son cursus à la Zitouna.Il obtient son Ahlya.
    L’année 1953 s’engage.
    Elle s’engage mal pour les Algériens qui découvrent , ébahis, que le Parti qu’ils avaient porté aux nues et en qui ils avaient fondé tant d’espérances, est miné par
des rivalités.Il se scinde bientôt en deux:
    Il y a , d’une part , les Messalistes , les militants fidèles au vieux leader du PPA/MTLD (PARTI DU PEUPLE ALGERIEN/MOUVEMENT POUR LE
TRIOMPHE DES LIBERTES DEMOCRATIQUES) et de l’autre les Centralistes (membres du comité central du Parti) qui prennent leurs distances par rapport au
Zaïm .
    Qui a tort , qui a raison?
    Et finalement , qui suivre ? tel est est le douloureux dilemme pour tous.
    Comment réagira ADJABI ?
    Hé bien! Il ira voir l’incontournable Mehri.

      Ce qu’il va dire à Abdelhamid Mehri c’est qu’il veut changer d’air , qu’il veut se rendre au Caire, qu’il souhaite s’inscrire à l’académie militaire et que pour cela il a besoin d’une recommandation pour l’Emir Abdelkrim El Khattabi.
    Qui est cet homme?
    C’est assurément un Héros maghrébin. Un des plus grands.Voyez plutôt!
    Né en 1882 à Ajdir , au Maroc, il combat l’occupant espagnol dès 1915. A la bataille d’Anoual il fait subir aux troupes espagnoles une défaite humiliante.
L’Espagne y perd 16 000 soldats , 24 000 blessés ,150 canons et 25 000 fusils. 700 soldats espagnols sont en outre faits prisonniers.
    En 1922 il proclame la République Confédérée des Tribus du Rif événement qui soulève l’enthousiasme en Afrique du Nord et a un retentissement international considérable.
    La France joint bientôt ses forces à celles de l’Espagne pour venir à bout du Rifain. Abdelkrim se battra contre deux armées liguées contre lui, l’une française dirigée par Philippe Pétain et comprenant 200 000 hommes et l’autre espagnole commandée par Miguel Primo de Rivera soit en tout 450 000 soldats.
    Défait, l’Emir sera exilé, en 1926 , à La Réunion. Il y vit jusqu’en 1947, date à laquelle il est autorisé à s’installer en France. Il embarque à bord d’un bateau qui fait escale à Suez. L’Emir profite de cette escale pour s’échapper. Il finira sa vie en Egypte où il présidera le Comité de Libération pour le Maghreb arabe.
    C’est en Septembre 1953 que Adjabi , muni d’un passeport et d’un million de francs que lui envoie son père de Guelma, muni aussi d’une lettre de recommandation de Mehri à l’attention de l’Emir Abdelkrim, s’envole pour Le Caire. Il fait escale à Tripoli où il rencontre des proches du Roi Idriss de Libye. Il y rencontre aussi un Algérien qu’il ne connait pas et qui va poursuivre le voyage avec lui.

    Cet Algérien c’est Ben Bella , un des hommes clés du mouvement national et de la guerre de libération.
    Arrivé au Caire, Adjabi demande à Ben Bella de lui indiquer comment faire pour se rendre au Bureau du Maghreb Arabe où il a rendez vous avec l’Emir Abdelkrim. Ben Bella lui répond qu’il s’y rend lui même. Les deux hommes font donc le chemin ensemble.
    Parvenus au Bureau , Adjabi remet son passeport à son accompagnateur qui le présente à :
    -Mohamed Khider
    -Hocine Aït Ahmed
    -Amar Haddadi
    Ben Bella, Khider, Ait Ahmed, Haddadi ont en commun tous les quatre d’avoir fait partie de l’Organisation Spéciale (OS). Ils ont tous les quatre participé, à un titre ou à un autre, au fameux hold up de la poste d’Oran (Avril 1949) qui devait renflouer les caisses de l’Organisation.
    Abdelmadjid Adjabi, entre comme prévu, à l’académie militaire égyptienne.Mais il y reste peu de temps.
    Il préfère poursuivre sa formation en Irak.Il lui faut , pour cela un visa pour Bagdad.
    C’est Aït Ahmed qui l’accompagnera à l’ambassade d’Irak au Caire.
    Bien que la trotte à faire soit longue Aït Ahmed l’y mènera à pied à deux reprises . Il lui fera emprunter aussi deux itinéraires différents. La méfiance de Dda l’Hocine , comme vous voyez, remonte à loin!!
 (A suivre)

     Cette méfiance est d’ailleurs parfaitement justifiée puisque Adjabi se rend compte que les services de renseignements de l’ambassade de France ne le lâchent pas d’une semelle et ce depuis qu’il a franchi le seuil du Bureau du Maghreb. Contre l’avis de Ben Bella il se rend à cette ambassade où il fulmine contre un fonctionnaire lui disant comme ça qu’il ne comprenait pas pourquoi on le filait.  » Je ne suis qu’un petit étudiant en droit » fait-il avec aplomb.
    Le visa pour l’irak en poche, le nom de son contact -Fadhel Djamali- , donné par Ben Bella, bien rangé dans sa mémoire, Abdelmadjid ADJABi débarque , le coeur léger , à Baghdad. Il s’offre le luxe de descendre à l’hôtel Sémiramis. Un palace.
    Au deuxième jour de son arrivée , il retrouve un ami , Ali Chekiri, étudiant en droit à l’Arab Mission House.
    Ali déconseille tout de suite à Abdelmadjid de s’attarder au Sémiramis et lui donne l’adresse d’un hôtel pouilleux où les punaises voraces festoient aux dépens des locataires. Il lui apprend que lui même loge à Dar el Baatha, où il partage une piaule avec Youcef Fethallah ( le futur président de la Ligue Algérienne des droits de l’Homme qui sera assassiné durant la décennie rouge , plus exactement le 18 juin 1994, devant la porte son cabinet professionnel , Rue Ben M’Hidi).
    Mais tout cela n’a plus d’importance pour Adjabi dès lors qu’il est maintenant à l’académie militaire Rostomia , section « Armée de terre ».

     L’enfant de Guelma est le deuxième Algérien à se présenter pour une formation militaire à la Rostomia.
    Il y a été précédé , quelques années plus tôt , par un de ses amis , un certain Madi Turki qui , lui aussi , était passé en coup de vent par l’académie militaire du Caire.
    En 1953 , ils sont en tout treize maghrébins à la Rostomia.
    -Cinq marocains, dont Zemmouri Mohamed , El Guezzani et Boubekeur Abdessalam , envoyés par Abdelkrim El Khettabi
    -Cinq libyens envoyés par le Roi Idriss
    -Deux tunisiens, Chouchène Tayeb et Mohamed Zemmouri, condamnés à mort par les tribunaux français et envoyés par Salah Benyoucef
    -l’Algérien Adjabi Abdelmadjid
    Abdelmadjid effectue son instruction militaire sans problème notable. Il devait se souvenir plus tard de deux choses: 
    *l’inondation de la Rostomia par les eaux du Tigre ce qui nécessita l’évacuation de l’académie pour une période d’un mois
    * la cérémonie de sortie de sa promotion.
    Cette cérémonie devait être présidée par le Général Omar , condamné à mort pour avoir bombardé et pénétré Tel Aviv ( ! ! ) durant la toute première guerre isaélo- arabe (1948-1949) puis finalement grâcié par Noury Saïd. Ce Général avait émis le souhait de voir les Maghrébins frais émoulus de la Rostomia.
    Voilà qui n’est pas du goût de Adjabi qui craint d’être repéré par les services de renseignements français.

     Il fait donc son possible pour éviter de se présenter devant la tribune officielle. Peine perdue car le jour où il se rend à l’ambassade de France pour s’enquérir du devenir d’un mandat que lui adressé son père de Guelma l’ambassadeur a le malin plaisir de lui présenter sa photo en tenue militaire irakienne.
    Adjabi joue à fond le rôle du petit étudiant en droit , se déclare outré par les suppositions que l’on fait à son sujet et va même jusqu’à affirmer qu’il existe des Adjabi en Irak , en Egypte , en Tunisie.
    Ce soldat irakien me ressemble , certes, mais ce n’est pas moi !! fait-il au diplomate qui , ne sachant plus exactement à quoi s’en tenir, prend attache avec le maire de Guelma, mène à fond son enquête qui ne débouche sur rien.L’ambassadeur reçoit au contraire des informations qui lavent Adjabi de     tout soupçon .Aussi se voit-il contraint, non seulement de remettre les mandats au « jeune étudiant en droit » mais également un billet d’avion Air France pour se rendre en Algérie et un visa de sortie d’Irak.
    Adjabi quitte donc Baghdad.
    Par un tour de passe passe qu’à force de clandestinité on finit par apprendre, Adjabi change sa destination et atterrit à Tunis en Septembre 1954. De là, il téléphone à son père, s’assure qu’il n’est pas « fiché » à Gelma et rentre au bercail . Il y reste le temps d’obtenir une aide financière de Monsieur le maire de Guelma, le maltais Zouzou Demek qui remettra un million de francs à un enfant du pays qui va si loin pour étudier le Droit . Le temps d’obtenir aussi une cagnotte de un million et demi de francs que le papa remet à l’enfant prodigue.
    Et c’est le retour sur Tunis.Nous sommes à la veille du premier Novembre 1954.
    Adjabi prend juste le temps d’acheter quelques journaux.Il embarque pour Le Caire.
    Nouvelle escale à Tripoli.Nouvelle rencontre avec…Ben Bella.

     C’est donc le premier Novembre 1954 que Adjabi débarque au Caire en compagnie de Ben Bella.Les deux hommes se rendent directement au bureau du Maghreb arabe où est organisée une conférence de presse animée par Khider.
    Il y est fait lecture de la Déclaration du 1er Novembre apportée par Mohamed Boudiaf.
    Participent à cette conférence de presse, outre Ben Bella, Khider et Boudiaf : Amor Haddadi , Arfaoui Salah et , comme invité d’honneur, Cheikh el Bachir el Ibrahimi.
    Réagissant en soldat, Adjabi demande à rentrer au pays pour se battre.On lui demande de patienter et de s’occuper des relations avec la presse qui , à l’exception du journal « eth-thaoura » , ne parle pas encore de la cause algérienne.
    Il reste donc au Caire et le temps qu’il y passe lui permet de voir et d’entendre plein de choses.
    C’est ainsi qu’un mois après l’historique conférence de presse il voit arriver dans la capitale égyptienne Hocine Lahouel et M’hammed Yazid, talonnés de près par Mezghenna et Ahmed Filali.
    Il assiste, éberlué, à des disputes où les problèmes d’argent sont un enjeu central comme dans les couples où rien ne va plus.
    Il est donc heureux le jour où on lui présente deux jeunes étudiants , originaires de Guelma, qui demandent à s’entrainer au maniement des armes. L’un des deux hommes s’appelle Sedaria Hamid. Le deuxième postulant à une formation militaire n’est autre que Mohamed Boukherrouba , le futur président Boumédiène
.

    Adjabi attendra que se manifestent d’autres candidatures pour donner suite à la demande de ces deux hommes . Ce sera chose faite lorsque Hamdadou deTebessa et Sebbagh de Nédroma auront émis le désir de se former aux techniques du combat. Adjabi envoie le quatuor à l’académie d’Héliopolis où ils seront encadrés par le capitaine Tod.
    Les problèmes d’argent continuent d’empoisonner les rapports au sein de la communauté .S’y ajoutent les difficultés à loger tout le monde.
    C’est une situation qui désole au plus haut point Adjabi .C’est pourquoi celui-ci attend avec impatience l’arrivée au Caire de Mostefa Benboulaid avec qui il doit rentrer en Algérie.
    Benboulaïd ne viendra pas au Caire. Il n’y viendra pas parcequ’il est arrêté en libye ce qui porte un coup dur à la Révolution qui en est à ses débuts. Voilà qui fausse du tout au tout le plan mis au point.
    Qu’ à cela ne tienne. Adjabi Abdelmadjid rentrera quand même en Algérie.
    Du Caire il gagne Tripoli.
    De là , il prend la tête d’une petite troupe de combattants prêts à tout , emmène avec lui un guide tunisien , Hadj Dhaou qui affirme connaître le désert comme sa poche et c’est la grande aventure qui commence.
    Ce sont des marches de seize heures par jour suivies de petites haltes pour la restauration et d’un sommeil de quelques heures où l’on reste sur le qui vive.
    C’est tout un mois que dureront ces marches forcées au bout desquelles le groupe , exténué , est pris dans une violente tempête de sable.
    Adjabi et ses compagons s’enroulent dans des couvertures , tombent raides morts de fatigue et dorment.
    Combien de temps restent-ils dans cette léthargie?Adjabi ne devait jamais s’en souvenir.

Lorsque les dormeurs se réveillent ils s’aperçoivent qu’ils sont entourés de nomades.On leur donne de quoi se sustenter, du beurre surtout.
    Adjabi et ses compagnons reprennent la route.Voici El Guettar.Un hameau de quelques huttes en plein désert au pied du Djebel Arbat. Ce Djebel , il faut maintenant le franchir car , derrière , c’est l’Algérie.
    En avant donc! Et gare au faux pas qui ne pardonnera pas.
    Après de multiples péripéties , la montagne est à son tour vaincue comme le fut le désert.Ca y est !
    Adjabi et sa troupe, épuisés mais fiers , entrent en armes à Bouchbka chez Athmane Labidi. A eux le maquis!!
    La jonction avec l’ALN se fait chez les Ouled Hamida où le groupe prend -enfin! une semaine de vrai repos. On dort bien et pour ce qui est du manger on oublie les sardines en conserve et la semoule mélangée au sable du désert. On se permet de la viande de chèvre et du  » Rekhsisse »une galette au goût divin.
    Mais il est temps d’agir.
    Au responsable de secteur Adjabi demande des hommes pour mener des actions militaires dans cette région des Nememchas l’objectif étant de desserrer l’étau de l’armée française sur les Aurès. Ils sont bientôt 150 djounouds à se mettre sous son commandement. Trois cents autres combattants lui sont adressés par Bachir Chihani.Maintenant il faut se battre.
    Le 12 mai 1955, en plein mois de Ramadhan, Abdelmadjid Adjabi lance , à partir de la ferme de Hadj Djedouani , une attaque contre les tirailleurs sénégalais de Youks les Bains.
    Il s’apprête à lancer une autre attaque contre la garnison d’El Euch mais reçoit un contre ordre Chihani.
    Les questions militaires ne sont pas seules à requérir l’attention de Adjabi ou Cheikh el Masri comme l’appellent les gens Chebka depuis son arrivée dans la région. Il faut agir de manière à avoir de son côté la population .Sans cela le combat est perdu d’avance.
    L’une des premières mesures que prend Adjabi est d’annuler des sanctions hâtives décidées par l’ALN contre un certain nombre d’individus accusés à tort de collusion avec l’ennemi. Mises à l’épreuve, les personnes en question s’avèreront loyales vis à vis de la Révolution à laquelle elles apporteront un soutien sans faille.

     Début Juin 1955 Adjabi s’apprête à se rendre à Tunis .Il est chargé d’une mission auprès d’un responsable du Parti socialiste destourien. Accompagné de Mohamed Benlâabed de Tala et de quelques djounouds il prend la route. Le 7 du mois , à 4 heures du matin , le groupe tombe dans une embuscade tendue par des goumiers. Adjabi est blessé.
    Il est pris et ligoté. Il est emmené à Bouchebka.
    Un officier de l’armée française l’interroge longuement.Au bout de cet interrogatoire il lui propose de passer de l’autre côté de la barrière.
    Si tu rejoins l’armée française, lui fait-il , tu auras le même grade que moi.Tu seras capitaine.
    Adjabi décline l’offre, évidemment. Il est alors livré à la police qui le soumet à la torture.
    Chaque jour que Dieu fait Adjabi doit résister physiquement et moralement aux atrocités que lui font subir ses bourreaux.
    La chance veut pourtant que le prisonnier tombe entre les mains de Mohamed Ghraïb , un inspecteur de police algérien qui travaille pour le FLN.
    Ghraïb alerte immédiatement Abbès Laghrour lequel à son tour contacte Adjoul Adjoul qui , avec ses hommes armés jusqu’aux dents se présente à Tazoult où il demande à voir le commandant de la place de Batna.
    Il lui propose le marché suivant : »Libérez Adjabi et je vous rends le lieutenant Perrin. Je suis prêt même à vous remettre tous les Français que nous détenons prisonniers ».

    Le commandant de la place de Batna dit qu’il ne peut pas prendre de décision et qu’il doit en référer à Alger. Les coups de fils se succèdent sans désemparer entre Batna et Alger. Le résultat des négociations est négatif. Le Gouverneur général fait savoir , à partir d’Alger , qu’il refuse le marché. L’ALN lui fait savoir, à partir de Batna , ce qui suit : qu’à cela ne tienne! Cependant, si vous vous aventurez à toucher à un cheveu de Adjabi tous les prisonniers français passeront au poteau d’exécution.
    A compter de ce jour cessent , comme par enchantement , les interrogatoires et les tortures.On prend bien soin de Adjabi.Ce sont des médecins algériens qui s’occupent de sa santé: les docteurs Amor Bendali et Mostefaï. Le médecin français n’ose pas s’occuper de lui car il a peur , en cas de problème , d’avoir à répondre de la mort de soldats français.
    Commence alors pour Adjabi la vie de prisonnier faite d’attente , de grèves de la faim, de transferts vers d’autre lieux de détention , de tentatives d’évasion .
    Le 11 juillet 1957 il passe devant le tribunal militaire qui le condamne à 20 ans de prison. Il retourne au Coudiac de Constantine où il a été transféré à la demande de ses avocats. Il y retrouve son compagnon de cellule , Yves Bresson , commissaire de police européen sympathisant de la cause algérienne à qui il donne , à tout hasard , quelques conseils pour se défendre devant le tribunal.
    Ces conseils seront suivis et Yves Bresson sera élargi.
    Le 4 Avril 1962 le portail de Lambèse, son ultime lieu de séquestration , s’ouvre devant Adjabi .Cheikh el masri est désormais libre.

    NB//
    *Les éléments de ce récit sont tirés d’un entretien fleuve accordé par Abdelmadjid Adjabi en 1997 au journal El Moudjahid
    *Kabylienews remercie la nièce du héros pour les photos
    *Le village de Millésimo s’appelle maintenant Belkheir 
 

Kaci ABDMEZIEM
kaciabdmeziem@yahoo.fr

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Belkacemi Mohand Said - Journaliste, auteur64kaciphotoMerci pour votre visite
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4 réponses à “Algérie-histoire-hommage : ADJABI Abdelmadjid , l’enfant fougueux de Millésimo”

  1. faïza dit :

    Merci pour tous ceux qui ont pris la peine de lire l’article
    et merci à tout ceux qui ont répondu

  2. union f la force dit :

    super histoire de si adjabi il devrais en avoir plus de témoins qui parlent de l histoire vécu

  3. CHEKIRI Okba dit :

    J’ai découvert ce fabuleux récit car j’ai eu l’idée de chercher sur internet les traces des membres de ma famille dans la toile. Etonné je vois le prénom d’un de mes cousins Ali CHEKIRI martyr de la révolution et dont les détails de sa mort ne sont pas encore totalement élucidés.

  4. Rachid K dit :

    Si Abdelmadjid Adjabi a été mon professeur d’arabe à guelma. j’en garde un excellent souvenir, et j’ai beaucoup de respect pour lui . Je ne savais que c’était un si grand homme .
    Merci de nous le faire découvrir et connaitre .
    S’il est toujours de ce monde , que dieu lui prête longue vie , autrement allah yarahmou .

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