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Bouzeguene, 31 mars 2009 (bms)- Il y a tout juste une année nous quittait, sans prévenir, Nacer Ait Ali Oumeziane (Améziane Abdennacer) du village Ait Said, professeur au Lycée d’Azazga. Une année déjà depuis qu’il nous avait faussé compagnie, de très bonne heure, il n’avait même pas trouvé une excuse pour s’éclipser.
On savait qu’il en avait marre de cette vie, mais il aurait pu, au moins, en mettre les formes (maladie ou autre), d’autant plus qu’il avait choisit un début avril, moment propice pour les farces. Tel qu’on le connaissait, il était capable de nous faire un poisson d’avril…
Comment peut on l’oublier ! Il avait laissé un gouffre, chez lui, au lycée et au village, impossible à combler.
Sa famille s’en remet doucement de son absence. Sa femme, qu’il a abandonnée avec 04 enfants en bas âges, a beaucoup de cran et prend bien en main son destin. Yacine ne le réclame plus comme avant mais ne cesse de parler de lui, papa me faisait ceci ou papa me disait cela.
Quant à ses filles elles ne peuvent l’oublier, combien même elles le voudraient, surtout Sofia. Il y’aurait toujours quelqu’un dans le rue, en la croisant, qui se sente obligé de lui parler de lui. Elle est continuellement sous pression. Elle en souffre beaucoup.
Il était très proche et très patient avec ses enfants, comme il l’était certainement avec ses élèves. Il doit sûrement leur manquer, à eux aussi, énormément.
Le plus affecté de tous est, bien sûr, Tonton (Mohand Arab Ait Hamouche). Il lui avait redonné le goût de vivre, après la perte brutale de son fils unique Omar qui, comme lui, était parti à la fleur de l’âge (la cinquantaine). Il ne pouvait arriver de son boulot, éreinté, lessivé après une journée infernale, sans passer le voir, et lui, étant alité, l’attendait impatiemment. Il ne pourrait plus s’en remettre, il n’y a plus personne pour le remplacer, pour lui faire son courrier, le faire rire à nouveau, être aussi patient lorsqu’il débite ses histoires qui agaçaient sa femme et qu’il se se faisait un malin plaisir à exciter.
Ses collègues, ses anciens élèves, tous ceux qu’il avait connus le regretteront toujours. Il n y a qu’à voir les différents messages laissés sur les sites Internet de Kabylie.news et Aitsaid.net, après sa disparition, pour s’en convaincre de son aura.
Ses amis du village ne peuvent, eux aussi, l’oublier. Ils se délectent toujours de ses vannes qu’il avait semées à tout vent. Il en avait laissé un grand répertoire. Il y a toujours quelqu’un pour rappeler ses sottises ou raconter ses blagues.
Ils ne trouveront jamais plus quelqu’un comme lui, surtout lors des grandes vacances d’été, car les autres jours il vivait à un rythme infernal.
Il est parti rejoindre ses meilleurs amis du village qui, comme lui, nous avaient quitté trop tôt (entre 40 et 50 ans). Ils doivent certainement former une bonne équipe. Veinard ! il n’a rien perdu au change. On les envie, eux qui l’ont maintenant pour l’éternité.
PS : Grand militant de la culture amazigh, il était la référence pour tout ce qui touche à l’amazighité. Malheureusement il n’a pas eu une inscription tombale en Tamazight et en Tifinagh, comme il l’avait fait pour Omar.
Adieu mon ami.
Abdennour Sadaoui
Kabylie.unblog.fr
Information libre de tout droit Précédents articles:
- Messages émouvants adressés à titre posthume par des éléves à leur regretté professeur Ameziane Abdenacer
- Décès d’AMEZIANE Abdenacer: Un pilier de la culture amazigh vient de tirer sa révérence
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