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Algérie- Histoire: Amar AZOUAOUI répond à Réné ROUBY pour à propos de son livre-témoignage  »Otage d’Amirouche » – 7 nov 2009 -

Classé dans : Accueil — Mohand Said Belkacemi @

Bouzeguene actualités avec BMS et Kaci Kamel

Algérie- Histoire: Amar AZOUAOUI répond à Réné ROUBY pour à propos de son livre-témoignage ''Otage d'Amirouche'' - 7 nov 2009 - dans Accueil acceuil1 ci_archives dans Accueil ci_carnet ci_photo
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Algérie- Histoire
Amar AZOUAOUI répond à Réné ROUBY pour à propos de son livre-témoignage  »Otage d’Amirouche »
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amar_azouaoui_couvertureTizi-ouzou, 07 nov 2009 (bms) – M. Amar AZOUAOUI qui vient de publier  »Jumelles le déluge en Kabylie », son second livre-témoignage sur l’histoire de la guerre d’Algérie, répond à Réné ROUBY pour son livre-témoignage  »Otage d’Amirouche » dans lequel il s’est attaqué au héros de la révolution algérienne. Le texte de M.Azouaoui.
    Dans son ouvrage «Otage d’Amirouche », monsieur Réné Rouby témoigne de son passé de prisonnier de l’armée de libération nationale en Algérie.
    Monsieur Rouby,
    Prisonnier de l’Armée de Libération Nationale, votre témoignage aurait été plus crédible si au lieu de critiquer sans limite le vaillant colonel Amirouche chef de la wilaya 3, vous vous étiez contenté de rapporter les faits et la réalité du terrain, sans tergiversations, qui risqueraient d’enduire en erreur nos générations futures.
    -  Je n’avais pas eu le privilège de suivre ces faits moi-même dans les détails, mais j’avais eu à connaître plus tard les données au Poste de .Commandement de la wilaya 3 et à côtoyer les Moudjahidine qui étaient chargés du refuge des prisonniers.
    – Vous avez vécu une guerre, prisonnier   certes, comme  des  milliers  d’algériens également,  qui   étaient     opprimés , massacrés, tués, torturés, violés,  emprisonnés,   tout   le long de cette guerre par une  armée   coloniale  qui  devrait tout au moins  vous  laissez  plonger dans une profonde réflexion quant à son opportunité et le caractère criminel qu’elle engendre. 
    -  Je n’ai pas lu votre livre, mais seulement des passages, sur Internet, de vos commentaires qui ne semblent pas mettre en relief, une analyse quelconque sur cet aspect, oh ! Combien critique sur la question. Vous vous êtes contenté seulement d’incriminer l’Armée de Libération Nationale et plus particulièrement le colonel Amirouche, bien connu. Un chef incontesté, plein de rigueur et de conception, certes bien rigide quant à l’issue de la guerre, mais aussi doué d’un esprit clairvoyant et serein, surtout à l’égard de l’ennemi prisonnier et hors de combat tel que vous :
    C’était la guerre, Monsieur Rouby,
    Concernant votre enlèvement par un commando de l’Armée de Libération Nationale, n’oubliez pas que vous étiez sous ordres militaires,   chargé d’une mission politique (viciée) au sein de l’armée coloniale : celle d’alphabétiser les petits « indigènes », laissés pour compte, dont les parents revendiquaient désormais par les armes l’indépendance et que l’armée vous ramener à l’école de force et dans des conditions critiques.
    D’ailleurs à titre indicatif, pendant qu’ils sont sous votre autorité, à l’école et malgré eux, leurs parents, père, mère, frères ou sœurs etc. ; étaient aux prises avec vous et peut être détenus juste à coté, dans votre camp, dans une de vos casemates / cellules, en train de subir des sévices et des tortures de tout genre.   Quel enseignement, pouvait évoluer dans une telle horreur !  Pauvres petits innocents, pris en otage, par l’armée coloniale.
    Par ailleurs, Monsieur Rouby, vous n’étiez pas l’otage d’Amirouche, comme le stipule l’ensemble de vos commentaires et le titre du livre. Vous étiez, le prisonnier de l’Armée de Libération Nationale, dans une wilaya organisée et dirigée par un comité qui était composé effectivement, du colonel Amirouche, du commandant Si Mohand Oulhadj, du commandant Mira. En un mot, un collectif décideur.
    C’était eux, qui avaient décidé que vous restiez donc, leur prisonnier et ce jusqu’à nouvel ordre, de votre libération le moment venu, et des conditions de détention qui étaient pourtant pénibles pour l’Armée de Libération Nationale, par manque d’arrière base.
    Combien, il avait été difficile de prendre des dispositions propres a assuré votre sécurité en pleine nature, une forêt avec tous ses aléas, soumise quotidiennement à des ratissages de l’ennemi.  Reconnaissez, Monsieur Rouby, que vous étiez ravitaillé quotidiennement à dos d’hommes, abrité et dormiez, dans des conditions largement au dessus du train de vie de nos unités.
    Vous me faite sourire, monsieur Rouby, quant vous mettez en relief, les quelques petites corvées que vous effectuez de temps en temps : ramener des seaux d’eau, pour se laver, aller au ruisseau, pour faire sa toilette. Egalement, lorsque l’ennemi est là : se déplacer en toute hâte, se mettre dans une cache au point de suffoquer, avoir reçu des observations pour avoir failli attirer l’attention de l’ennemi, faire attention aux traces lorsque on se déplace et les effacées etc.  Ce ne sont que des règles disciplinaires, vous deviez le savoir, c’est notre pain quotidien à nous, que vous deviez respecter.
    Quant à votre état de santé et votre entretien (les poux etc.), et le décès de votre confrère Joé, malade,   qui   n’avait   pas pu supporter le rythme.  Vous-même, vous le reconnaissez, le docteur Benabid, le seul médecin de la wilaya, qui s’étend de Boumerdès à Sétif, était la plus part du temps à vos chevés, au détriment des unités de combat.
    Concernant le lieutenant Dubos, qui devait être échangé avec un Officier de l’Armée de Libération Nationale, Hocine El’Kseur, prisonnier également et abattu froidement, pour répondre aux vœux d’échange de l’ALN, engagé avec l’armée coloniale et la famille même de l’intéressé.  Sa mort comme vous le savez sans doute, relève de l’insouciance de vos partenaires de par cet acte, l’ALN n’a fait que répliquer, au même endroit et de la même façon.
nov2009_07_larbibenmhidi    Certes, les prisonniers dans leur ensemble avaient reconnu le devoir de l’Armée de Libération Nationale, envers eux. Bien plus encore, le sieur Griffith qui avait été libéré également, s’était rendu directement à l’ONU (USA) et s’est consacré à plaider et défendre la cause algérienne, jusqu’à l’indépendance.
    Quant à vous, Monsieur Rouby, vous n’aviez pas manqué sous le serment de la vérité que vous prôniez à qualifier de plus Amirouche de « sanguinaire », plus grave encore, vous tenter dans vos écrits de le souiller et le rendre responsable de la mort d’un nombre effarent (chiffres allant au delà des effectifs de la wilaya), de jeunes maquisards intellectuels de l’Armée de Libération Nationale, dans le complot de la « bleuit ». Ce complot qui est l’œuvre du capitaine léger, sous le seau des services secrets, méthodes bien enfouis dans le « top secrets défense », de l’armée coloniale française et qui reste ouvert à la propagande, sous son impulsion directe à ce jour, pour discréditer le colonel Amirouche.
    A ce propos, le Chahid Larbi-Ben-M’hidi a dit, lors de son interrogatoire, « Donnez nous vos avions (vos procédures), on vous donnera nos couffins et nos bombes (les nôtres).
    Regardez le, ce vaillant chef ! Monsieur Rouby ; après ces belles paroles, un sourire, défiant, l’homme et la mort, pour que vive l’Algérie Libre et Indépendante (photo).

Amar Azouaoui
Kabylie.unblog.fr

   – Autres articles:
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3 réponses à “Algérie- Histoire: Amar AZOUAOUI répond à Réné ROUBY pour à propos de son livre-témoignage  »Otage d’Amirouche » – 7 nov 2009 -”

  1. Benammar Christian dit :

    L’IDEOLOGIE

    DE LA POPULATION MIXTE FRANCO-ALGERIENNE

    —————————————
    Contribution au débat sur l’identité nationale ouvert par le gouvernement français début novembre 2009 .
    —————————————————–

    L’idéologie a souvent exalté l’union ou l’indépendance des populations en préambule d’un nouveau projet de société. Elle a, en revanche, moins intégré (signe des temps) la capacité des populations mixtes à rapprocher ou séparer leurs pays parentaux en ramenant leurs relations de toute nature à une plus juste pondération.

    Pour mieux comprendre cette aptitude, la mise en perspective du positionnement identitaire des mixtes est nécessaire, particulièrement au croisement phare, en 2012, de l’élection présidentielle française et du cinquantième anniversaire de l’indépendance algérienne.
    Ainsi, dans le cas particulier de la population mixte franco-algérienne, les rapports entre pays parentaux sont encore marqués par la rupture brutale, en 62, d’une union plus que centenaire. Se sont ajoutées ensuite, les difficultés de la décolonisation que chacun, aujourd’hui, en France et en Algérie, affronte avec d’autres pays partenaires. Viennent, enfin, les effets calamiteux de l’option de croissance économique qui freinent la redistribution et la consommation au grand dam des populations dans un contexte impitoyable de concurrence mondialisée. L’impact le plus spectaculaire du découplage entre la vie sociale et l’économie, c’est l’amplification des inégalités et des frustrations. L’exclusion creuse la division et pose un grave dilemme de transformation sociale. Les classes dirigeantes masquent ce dilemme en en faisant porter la responsabilité à l‘autre pays parental. Chacun ferme sa porte obstinément, alors qu’il s’agit prioritairement de désarmer les haines, de tourner la page et d’ouvrir un nouveau champ de coopération.

    Dans ces conditions, travailler au rapprochement des deux pays, c’est d’abord affirmer la présence de l’identité mixte dans le contexte relationnel des pays parentaux (thèses 1 et 2), c’est ensuite démasquer la dérive alarmante de la décolonisation et son impact sur l’économie des pays parentaux (thèses 3 et 4), c’est enfin combattre une conséquence spectaculaire, dramatique et humiliante de cette dérive : l’immigration sauvage et la nationalité démarquée (thèses 5 et 6).

    La présente analyse formulée en six thèses a donc pour objet de rendre compte de la problématique de positionnement de la population mixte dans la marche de ses pays parentaux et d’ainsi introduire le concept de cercle de développement comme défense organique des pays de l’ex-Empire. La théorie de la coparentalité sans conjugalité tirée de la jurisprudence des enfants du divorce, nourrit la démonstration sans pour autant couvrir tout le champ idéologique de la mixité. Les préconisations doctrinales s’inspirent de l’éthique associative plutôt que commutative.

    THESE 1 – LA MIXITE ‘’BIOLOGIQUE’’

    1/ Spécifier la mixité

    La population mixte des franco-algériens a deux ascendances, l’une en France, l’autre en Algérie, et elle présente de ce fait une singularité identitaire débordant la seule nationalité française ou algérienne. Aucun code de la nationalité ni aucun dirigeant ne peut lui dénier cette double appartenance. Pour autant, celle-ci n’a pas pu être jusque là formulée ouvertement en termes de droit, ni en France ni en Algérie. Le concept de Nation subit, pourtant, une mutation profonde sous l’influence des cultures (restauration des valeurs arabo-islamiques, communautarisme, laïcité) et de la mondialisation (économie de concurrence et globalisation des marchés).
    Cette population mixte est par ailleurs distincte des Français d’origine algérienne et des Algériens d’origine française bien que ceux-ci soient désignés sous le même vocable de franco-algériens. Eux ne sont, en effet, que des naturalisés avec des droits concédés (par le robinet du Code de la nationalité), mais pas acquis par leur filiation. La distinction n’est pas faite pour exclure ou offenser, mais pour affirmer le particularisme des mixtes mal perçu par les juristes dans chaque pays parental.
    Si on désigne les mixtes sous le vocable global de franco-algériens ou qu’on les range dans la catégorie des binationaux , c’est, en vérité, pour mieux taire leur spécificité et refuser d’admettre l’expression juridique de leur réalité sociale. L’espace de vie de la population mixte recouvre, en effet, non pas un mais deux territoires, et de ce fait, elle subit un procès d’intention injuste à l‘opposé du sentiment d’appartenance qui la lie à ses deux pays parentaux. Substituer l’espace social mixte à la binationalité qui le coupe en deux, est une aspiration d’avenir.
    En clair, les juristes des deux rives n’ont pas su ni voulu singulariser la population mixte lors des négociations d’indépendance, en 1962, ne cherchant alors à définir en priorité que le statut des territoires et de la population globale des pays parentaux. De ce règlement a découlé un déni de justice profond à l’égard des mixtes (aggravé par la divergence des droits nationaux) d’être censurés, sanctionnés ou même rejetés dans la binationalité, sans considération (ou à cause) de leur double appartenance.
    De 1962 à 2009, la vindicte n’a fait que s’amplifier et s’exacerber, laissant la France, séduite par l’Europe, heureuse de s’éclipser, mais démembrée ( : lois et ordonnances de l’Etat français relatives à l’Algérie, de 1832 à 1962, en passant par celles de 1834, 1865 , 1919, 1936, 1940, 1946, 1956, 1958).

    2/ De l’importance de spécifier la mixité.

    Chez les binationaux d’adoption, le choix se porte vers les valeurs d’un seul pays parental, par filiation ou par option. A l’inverse chez les mixtes, branche principale de la population franco-algérienne, bi-nationaux par contrainte, le sentiment va aux deux pays parentaux et, si des aléas surviennent, ce sentiment s’exerce dans un esprit de raccordement, de rééquilibrage relationnel, comme cela s’observe aussi chez les enfants de couples divorcés, hors du conditionnement du divorce.
    Cette différence des mixtes ne peut encore se vivre ni s’ordonner dans un cadre institutionnel. Seules quelques conventions bilatérales ont été signées. En l’état, les
    binationaux d’adoption sont mieux protégés (et tolérés par les arrière-pensées politiques et jurisprudentielles) que les mixtes, alors que les deux populations jouent la réconciliation parentale sur deux plans différents, plus matérialiste et commercial pour les uns, plus affectif et idéaliste pour les autres. Les premiers sont plus régionalistes, communautaristes,
    tactiquement laïcs et plus insérés dans une économie souterraine qui les promeut. Dans

    l’envie. Les seconds plus unionistes, respectueux de l’identité et de l’altérité des pays, soucieux de solidarité et de partage, souvent oppositionnels dans le malaise de n’être pas dans un environnement social plus ouvert et attentif. Dans l’affectivité. Aux deux (et à leurs proches) la solidarité coparentale est essentielle.
    Les pays parentaux hésitent néanmoins à instaurer un espace social consensuel en faveur de la population mixte ayant aussi pour objectif de créer un modèle d’accueil et de circulation des biens et des personnes extra-muros transposable aux pays de l‘ex-Empire. Typique de leurs craintes réciproques de manipulation, un pays propose un Traité d’amitié, l’autre un Traité d’union méditerranéenne. Aucun n’est agréé.

    3/ Affirmer la mixité : l’espace social mixte mieux que la bi-nationalité

    Franco-algérien, c’est un socle identitaire émergent que la décolonisation découvre tel le Mont St Michel à marée basse . Le problème récurrent c’est que quelque cinq millions de personnes sont coincées sur ce socle entre le marteau et l’enclume de deux droits nationaux sourcilleux, volontiers antagoniques. Au lieu de faire de cette population mitoyenne le support d’une coopération ouverte, chaque pays cultive sa différence, à l’instar de l’autre, en multipliant ses engagements dans la nouvelle économie. Ignorée, la mixité s’est développée dans l’espace contrefait de la bi-nationalité.
    L’idée d’un statut spécifique (comme pour d’autres espaces frontaliers) progresse néanmoins. Mais, la binationalité y fait obstacle. Pour cause l’autre nationalité devient le cul de sac de l’intégration. Une identité gangrène l’autre quand, en terrain ouvert, le besoin rapproche les deux, la concurrence les confronte, la vengeance ou le mépris les habite.
    La déstabilisation de la mixité et des franco-algériens vient de trois fléaux : l’immigration sauvage, la bi-nationalité forcée et l’intégration en cul de sac des nouveaux citoyens.
    Dans ces conditions, défendre la croissance-développement des pays parentaux et l’immigration ‘’autrement’’ (qui conditionnent l’espace mixte) c’est, prioritairement pour la mixité, refuser de s’en remettre aux politiques érigeant le profit spéculatif en guide principal de la vie sociale, ce bien au-delà du libéralisme concurrentiel anglais. Contre la dérive des économies parentales, la résilience identitaire de la mixité s’inscrit dans un combat d’avenir, pas une nostalgie du passé.

    THESE 2 – ALIENATION PARENTALE ,
    BINATIONALITE et COPARENTALITE

    1/ Négation de la mixité par les pays parentaux

    a/ Le diktat des juristes, la mixité ex nihilo nihil, un déni de justice absolu.

    – Le divorce des deux pays parentaux, négocié en 62 entre pays parentaux, n’a pas envisagé le cas juridique de la population mixte, contrainte de se placer sous l’autorité exclusive de l’un ou de l’autre pays, nonobstant sa double appartenance .
    – le diktat des juristes plonge à l’évidence la mixité dans le silence des tombes.
    – le droit national a imposé à la mixité le principe de la nation bunker, alors que la croissance concurrentielle est, aujourd’hui, le cheval de Troie de la mondialisation ouvrant
    et livrant les nations aux forces cosmopolites du marché et que, de surcroît, ce type de croissance est devenu le levier de l’immigration sauvage et de la traite négrière !

    b/ L’aliénation parentale ou la bi-nationalité forcée .

    – La spécification identitaire de la mixité est contestée par certains dirigeants.
    Leur dénigrement est surtout puisé dans la culpabilité d’avoir eux-mêmes transgressé, au nom de leur singularité, des règles de vie néanmoins valorisées par leur propre révolte. Le dénigrement blessant et infondé de la mixité donne à leurs auteurs et porte-voix le sentiment gonflant don-quichotesque de laver le passé de leur condition originelle. Ces coryphées d’un purisme imaginaire, dont ils seraient l’incarnation vivante, oeuvrent encore pour une purification ethno-culturelle dans les chapelles d’un concept colonial de la Nation périmé.
    – Pèsent aussi les clichés infantiles d’autres politiciens. Ces héritiers de l’indépendantisme, en incitant le ‘’ Parti du copier-coller de l’arabité moyen-orientale’’ à
    écraser le ’’ Parti de la France’’, oublient que ‘’nos ancêtres les Gaulois’’ descendent de l’homme de Cro-Magnon, un émigré civilisé venu du Moyen-Orient.
    – la réfutation vient aussi de ceux nombreux en France, qui, excédés par les débordements de l’immigration sauvage, contestent la spécification de la mixité. Pour eux, le métissage et la diversité qu’ils louangent volontiers et sincèrement, conduisent forcément à l’abandon spontané de la spécificité identitaire, au motif qu’une partie de la population mixte a choisi de vivre en France. Ils sont, certes, partisans d’un monde sans discrimination, mais le rêve d’effacer les composants identitaires de l’immigration au nom des libertés et de la culture est un vœux pieux s’il n’est pas discriminatoire.
    – La binationalité et le mur des tabous, imposés initialement à une population mixte ignorée, font de la nationalité française le squat de l’immigration sauvage venue d’Algérie soulager la tension des deux économies nationales. La conscience de la singularité identitaire et minoritaire mixte naît de cet ostracisme.

    2/ Coparentalité sans conjugalité, une construction mixte hors de la binationalité.

    a – Il ne s’agit pas de refaire le couple parental défait, mais de construire la mixité à partir du divorce des pays parentaux. Le problème de la coparentalité sans conjugalité n’est pas de rechercher un juste ou théorique équilibre entre tout ou rien de l’attache identitaire et nationale. Il est de lutter inlassablement contre ce qui infériorise la personnalité et l’identité d’un pays parental par rapport à l’autre. Comme, toutefois, ce combat procède d’un humanisme engagé parsemé d’interrogations et de quêtes enflammées, il est, à la fois, solitaire et mal compris des pays parentaux. Chacun veut, en effet, la population mixte rangée de son seul côté. A cet égard, la pression sociale se fait si forte pour la mixité que se masquer (modifier son nom, être plus royaliste que le roi) ou se plonger dans une passion devient l’échappatoire, un refuge, à défaut d’opposition utile. Comme par ailleurs, les mixtes ne sont pas responsables de la rupture des pays parentaux, ils ont aussi le besoin de donner un sens aux relations entre pays parentaux et d’y trouver des repères. Leurs conduites tendent à reproduire inconsciemment un modèle d’union transmis par les parents biologiques. Ainsi, s’exprime et se comprend le besoin de rester librement liés aux pays parentaux et de s’impliquer spontanément dans une coparentalité où la conjugalité n’est pas revendiquée. Malheureusement, les pays parentaux ont élargi et aggravé la question en poussant l’immigration sauvage dans la binationalité sans distinguer la place historique de la mixité.

    N.B. : En Belgique, Bruxelles et les communes à facilités sont aussi un cas d’espace mixte et de coparentalité entre des régions en rupture identitaire radicale .

    b – Le développement de chaque pays ne doit pas évincer la culture de l’autre pays ni non plus imposer une hiérarchie des cultures édifiée dans le prisme des
    valeurs de l’un ou l’autre pays. Or, l’intégration républicaine est la première à refuser de clarifier l’amalgame fait à propos de l’immigration, laissant de côté l’essentiel : – à quelle catégorie d’immigrés s’adresse l’intégration ? – quel objectif vise l’intégration ? – Pourquoi ne pas définir l’immigration dans le cadre de la coopération ?
    c – En situation de mixité, défendre les pays parentaux, c’est admettre le principe du divorce en 62 des deux pays parentaux, au motif que l’un était écrasé par l’autre malgré un effort réel de développement effectué par l’autre. Malheureusement, cet
    effort a été réservé à la population européenne, en connivence (ne jamais l’oublier) avec les stratégies de l’Etat français (de l’ex-Empire français) menacé depuis toujours par ses grands voisins européens (l’Angleterre et son Commonwealth, l’Allemagne et ses Marches de l’Est..). Or, non seulement ce principe n’est pas admis, mais le devoir de mémoire enferme chaque pays parental – et la mixité – dans un culte exacerbé des haines de l’indépendance.
    d – La mixité préconise de mettre fin à la binationalité et de lui substituer un espace social issu de la coparentalité, balisé et convenu par la coopération nationale. Cette approche relationnelle nouvelle déclasse les clichés intellectuels et politiques actuels.

    THESE 3 – DERIVE DES ECONOMIES PARENTALES

    L’économie coparentale ne se confond pas avec l’économie nationale des pays parentaux. Elle les complète et s’impulse principalement dans le cadre de la coopération. L’espace social de la population mixte en fait partie, mais il ne bénéficie pas des flux de l’économie souterraine subtilisés par les économies nationales.
    L’obstacle pour la mixité est que l’économie des pays parentaux est engagée dans un processus de décomposition majeur, et que pour redresser cette dérive, il est plus difficile aux dirigeants d’attaquer la cause originelle du mal (le modèle de croissance spéculative) que ses manifestations les plus décriées (les ghettos et l’immigration sauvage).

    1/ La mécanique de désagrégation des nations parentales

    a – la mondialisation juxtapose et subordonne impitoyablement les économies par le profit, non par la culture (erreur fréquente des idéologues). La mondialisation fonctionne en effet sur un triptyque de croissance catastrophique : la spéculation, le profit et la concurrence. L’industrialisation tiers-mondiste a auparavant prédisposé les économies nationales des PVD à suivre cette voie de la confrontation .
    b – le rapport différent à la concurrence mondialisée accentue les déséquilibres entre économies parentales et assigne les conditions de l’immigration sauvage.
    c – la décolonisation sans gouvernance sociale est dégénérative (désocialisation, dénaturalisation, déculturation, économie souterraine, non-droit …).
    d – L’effet levier dantesque du différentiel de croissance sur l’immigration conduit à incriminer le modèle concurrentiel centré sur le profit spéculatif et à lui opposer un modèle de croissance compétitive où le progrès social n’est pas exclu des échelles de productivité.

    e – La mondialisation combine et conjugue, d’un côté, une économie confrontée au déchaînement de la concurrence spéculative (délocalisations, cannibalisme industriel,
    chômage, défenestration des classes moyennes..) et , de l’autre, une politique de croissance économique sans gouvernance sociale qui exclut fatalement du développement
    une partie de sa population et la condamne à l’exil et à faire le jeu de sa propre exploitation. (En 40 ans le rapport de change est passé de la parité à 20 pour 1 ).
    f – Les méfaits de ce levier de croissance sont connus : immigration sauvage, boat-people, clandestins, sans-papiers, ghettos, banlieues, communautarisme,
    réglementations sécuritaires, politiques de la ville, hold-ups de nationalités, travail au noir
    et en miettes, discriminations, chômage en forme de miroir aux alouettes et de filet de
    voltige de l’immigration de misère, restos du cœur, ruptures culturelles, intégration en cul de sac, identités dépecées, intégrismes, émeutes de quartiers, terrorisme, délinquance, économie souterraine, mixité stigmatisée, fuite éperdue de millions de candidats à l’émigration vers le ‘’paradis’’ capitaliste, partout des guerres barbares entre décolonisés… Chaque jour se nouent des liens inquiétants entre la mondialisation libérale et une décolonisation inachevée, détournée. Même plus besoin de chercher l’immigré !
    g – Immigration sauvage et traite négrière, faussement présentées comme un exode volontaire vers le paradis capitaliste, sont un crime contre l’humanité dont les
    juristes s’accommodent. La Gauche, en France, le sait, et se tait sous couvert de bonne morale humaniste ! Les autres s’en lavent les mains.

    2/ La croissance concurrentielle, cheval de Troie de la mondialisation
    et levier de l’immigration sauvage

    a – l’utopie brisée du nationalisme et de la liberté des peuples.

    La Nation, si chère aux indépendantistes, mais héritée de la colonisation et du pouvoir jacobin de 1789, s’est ouverte aux forces cosmopolites de la mondialisation par le biais de la croissance concurrentielle et se voit peu à peu absorbée dans la société de consommation de masse (SCM), modèle inégalitaire et conflictuel de société universelle, né en occident anglo-saxon, encore au stade de l’enfance et des maladies infantiles contagieuses (ultra-libéralisme).
    Dans la typologie des modèles de société, la SCM est le dernier concept extrait du minerai social de notre époque. Ce qui la différencie de la société de consommation (édifiée hier à l’abri des frontières nationales) , c’est la notion de masse, d’expansion planétaire, de globalisation. La SCM est , en quelque sorte, l’œuf et la poule de la mondialisation. Si ce modèle laisse entrevoir une solution possible aux problèmes de la faim, il peut faire illusion. On observe ainsi que le dérapage de la croissance concurrentielle dans les pays industrialisés désorganise le marché du travail et provoque, par effet de chaîne, l’explosion de l’émigration sauvage dans les pays de la périphérie. Un autre exemple est celui des ’’industries industrialisantes’’ à haut coefficient de capital, rendues obsolètes de façon foudroyante par la compétition mondiale. Dans ce tourbillon, la décolonisation perd son chemin et désespère les indépendantistes.. .

    Ainsi donc, les héritiers de l’ex-Empire sont les premières victimes du « Führerprinzip » et d’un nationalisme exalté qui les endort. L’objectif premier du développement se perd. Et surtout, l’économie nationale est dépossédée de la gestion traditionnelle de l’équilibre des facteurs capital-travail. Pour le comble, la gouvernance sociale est écartée, qui pourtant devrait harmoniser et moraliser la redistribution de la croissance même concurrentielle.

    b – Profit spéculatif et concurrence, levier de l’immigration sauvage.

    La généralisation de la libre concurrence, orchestrée au plan mondial par l’OMC, le FMI et les médias, a déstabilisé la base économique et financière des nations. Concurrence et libre-échange sont la main de fer de la finance sur les marchés globalisés. La stratégie de la purge économique est imposée comme une condition d’accès à un nouveau stade de développement. Depuis 25 ans, la France, comme ses voisins européens, est soumise à des attaques incessantes et violentes. Surprises par le dumping commercial et menacées d‘anéantissement, les entreprises nationales font de la résistance ou montent à l’assaut de lignes adverses mal identifiées, modifient leurs structures de coûts et de qualifications, tentent l’innovation, démultiplient la sous-traitance, négocient alliances, fusions et délocalisations … et s’enfoncent dans les sables mouvants du profit spéculatif.
    La conséquence désastreuse de cette course à la survie, ou à la suprématie, est connue de tous : chômage, recours massif à la main-d’œuvre immigrée, liquidation des industries traditionnelles, secteur public réduit, bouleversement de la vie sociale et nationale…
    Pour compenser l’attaque des marchés, alléger les charges, il a fallu partout lâcher brutalement la bride aux réglementations, privatiser, réduire les dépenses publiques, s’endetter. Souvent par excès des dirigeants. La traite négrière a explosé dans la combinaison et la conjugaison des politiques de croissance et l’appontement des marchés .

    c – Le communautarisme, régulation des rapports sociaux.

    L’ampleur des vagues migratoires et les différences culturelles opposent l’identité des uns à celle des autres. Dans ce contexte explosif surchauffé par le culte du profit, les techniques d’intégration des immigrés paraissent encore largement inspirées des vieilles méthodes psychanalytiques de rééducation appliquées aux opposants politiques en URSS: broyer, ou mieux, tuer l’émigré dans l’immigré. Mais, la méthode d’intégration de l’immigré déconscientisé reste inefficace au plan collectif. La communautarisation (et la binationalité en support) est devenue le mode principal de régulation des rapports sociaux.
    La question est donc, non pas de vêtir tout immigré par force ou persuasion d’une nouvelle identité (surtout quand il n’aspire pas à se fondre dans l’identité française), mais de lui permettre d’exprimer la sienne et de s’y accomplir dans la cohabitation des cultures. Les promoteurs de l’intégration en cul de sac, pourfendeurs méritants du communautarisme, sont, certes, partisans d’un monde sans discrimination, mais leur rêve d’effacer les différences identitaires ne fait que reporter les problèmes de cohabitation sur les générations à venir. Selon eux, la culture du pays d’accueil serait le lieu transcendantal de toutes les cohabitations, mais ils oublient (aux portes de l’Europe !) que ce sont les ponts ouverts entre les cultures qui rendent possible la cohabitation et non la dictature culturelle et ses check-points. Avec le même argumentaire hérité de la colonisation, l’Algérie rebelle et orgueilleuse a entrepris d’éradiquer après l’indépendance les acquis culturels français. Comme si la richesse d’une culture était de détruire l’autre culture. La binationalité est ainsi devenue la source et le refuge d’un ultra-communautarisme, alors que, dans l’espace public, la laïcité tourne en rond face à la conviction que l’on est juif ou arabe avant d’être Français ! Au lieu de voir en elle le signe d’un affrontement historique essentiel, les intégrationnistes surréalistes n’extraient du mot laïcité que l’image commode mais incomplète d’un conflit réinterprété dans sa forme et sa matière pour les besoins d’une autre cause, dont les nouveaux citoyens binationaux font de son sens feu de tout bois.
    Un tableau art nouveau remarquable de Mucha symbolise bien la résilience identitaire face à l’enchaînement culturel (Lottery of National Unity – Prague1912).
    L’opposition des mixtes à l’apartheid culturel est totale. Face aux immenses obstacles du développement, cultures et religions ont le devoir de se faire la courte-échelle, pas de se combattre.

    THESE 4 – CONVERGENCE ET DEVELOPPEMENT

    Défendre les pays parentaux, c’est donc avoir la volonté obstinée de surmonter les obstacles du développement de l’économie coparentale et de respecter l’originalité et la singularité des deux pays parentaux pris dans les rouages et la déségrégation de l’économie concurrentielle.

    1/ La convergence, utopie d’avenir ou camouflage de la dérive ?

    a – La convergence est un processus d’évolution des modèles de société vers le modèle général de la SCM initié par le libéralisme financier. Elle a l’avantage de se présenter comme une rupture de tous les enfermements engendrés par des empires orgueilleux et des nations bunkers héritées de la décolonisation. Mais, la liberté gagnée par les canonnières de la concurrence dans l’idylle de la convergence cache mal des objectifs qui pour être éloignés n’en sont pas moins redoutables et font durablement complot.
    Ainsi, alors que la population mondiale explose, la mondialisation, en apparence guide de la SCM, maintient un double conflit récurrent ingouvernable à court terme. D’abord, celui du partage des ressources (la financiarisation de l’économie n’est pas maîtrisée). Ensuite, de la configuration de la plate-forme sociale de lancement de la conquête spatiale (exploitation industrielle des ressources et des rayonnements de l’espace) qui réserve à certains les sciences, la technologie de pointe et… le gouvernement du monde .

    b – Le mouvement des capitaux internationaux illustrent bien cette mainmise.
    Avec la crise, ils dévoilent que la part des profits spéculatifs ponctionne toujours plus la part contributive allouée au développement. Au regard de la pauvreté dans le monde, cette tendance fait problème. Il ne s’agit plus de la lisser. De bulle en bulle, la part emportée par des intérêts particuliers retourne librement dans le profit spéculatif vérifiant l’adage selon lequel l’argent mange l’argent …et dévaste l’économie sociale. Dans la phase actuelle de montée en puissance de la mondialisation et de mise sous tutelle des nations, le FMI n’est pas prêt de réguler la spéculation ni de moraliser le profit et prend ainsi le risque de multiplier les big-bang économiques et d’amplifier la désagrégation sociale .

    c – Par ailleurs, peu de tenants de l’orthodoxie sont interpellés, voire indignés, par le nouveau slogan iconoclaste :  » Capitalisme, socialisme, même combat « .
    Leur apathie éteint à l’évidence, et marginalise, l’opposition idéologique séculaire entre patrons et travailleurs. Et, lorsque le modèle concurrentiel spéculatif provoque des effets pervers calamiteux trop voyants (exclusions, dépendances, bouleversement social), ceux-ci sont d’autant plus négligés par l’Etat que l’opposition ancestrale capitalisme-socialisme et sa fonction structurante de l’ordre social tendent à se transformer en alliance synchrone des forces locales antagonistes face à l’ennemi commun venu d’ailleurs (mondialisation, financiarisation non maîtrisée de l’économie et autres excès orientaux anglo-saxons),
    comme s’unissent dans les Cités les bandes rivales contre la police, ennemi principal venu d’ailleurs. Mobiliser les forces, et donc concilier les intérêts antagoniques au lieu de les opposer, est devenu un mot d’ordre politiquement transversal.

    d – Si, donc, l’anticapitalisme est dépassé et que le libéralisme reste aveugle,
    où trouver les référentiels de lutte quand on s’aperçoit que les doctrines de l’économie
    sociale et politique n’ont été conçues que par rapport au marché national intérieur depuis
    l’avènement des mercantilistes, il y a cinq siècles ?

    L’histoire ne manque pas de réponses. G. Gurvitch et R. Aron, entre autres, l’avaient pressenti : capitalisme et socialisme s’appellent l’un l’autre en se combattant, et se recomposent en convergence incessante. De Colbert à Ricardo, de Marx à Keynes, de Schumpeter à …Jean Monnet, l’idée n’a cessé de rebondir.
    Reste à savoir, quand l’homme selon Nietzsche jaillit en politique pour vaincre nos misères et casser le théâtre des illusions ? Sans doute, selon la mixité, quand le pouvoir ne concilie plus les deux valeurs essentielles de la république : la légitimité et la légalité.
    Au lieu d’affronter cette question fondamentale au moment où se multiplient les grèves dures, s’exprime la violence et que menacent les révolte, les socialistes français, pourtant au centre du questionnement, se retranchent dans les faux-semblants théoriques, l’artifice, les pirouettes politiques et les querelles de personnes dérisoires aux approches électorales !

    2/ L’immigration ‘’autrement’’, un objectif central de l’économie coparentale.

    a – D’élections en élections, la déception des mixtes à l’égard de la classe politique ne finit pas de croître. Ainsi, dans la crise actuelle, une question explosive illumine le ciel politique, dont personne ne parle: quid de l’immigration sauvage ? Pourtant, non seulement elle est détestable et humiliante, mais surtout quasi tout le monde la côtoie au quotidien. Elle a permis de désagréger le monde du travail et d’amplifier la croissance concurrentielle. Mais, à quelles conditions de destruction de la vie sociale s’emploient les catapultes du profit ! Pour quel projet de société se réalisent ces reculades présentées comme des avancées vers un eldorado libéral de l’humanité bordé de ruines ?
    L’immigration, sanctifiée ou détestée, joue donc, un rôle moteur dans le changement de degré, voire de nature, du rapport K-W , qui a labouré les siècles passés.
    Malheureusement, l’immigration sauvage due à la conjugaison et la combinaison de deux politiques de croissance concurrentielle, s’aggrave maintenant, en France, d’une immigration massive et agressive engendrée par l’économie souterraine.
    Affranchie des règles de vie collective du pays d’accueil, l’immigration est, en effet, de moins en moins celle du travail et de la misère et, paradoxalement, elle se fait plus agressive.

    b – Si, en France, on parle abondamment d’Europe sociale, il faut donc, aussi, en Algérie, et dans les pays de l’ex-Empire, parler de croissance sociale et non plus de croissance économique. La supercherie, à cet égard, a trop duré et produit trop d’effets pervers. Dans les années 60, le mot ‘’développement’’ disait clairement que la gouvernance sociale faisait partie du concept. Malheureusement, un fossé profond a été creusé au fil des années entre le rêve de répartition égalitaire des indépendantistes et, aujourd’hui, la distribution malthusienne des fruits de la croissance.

    c – L’économie coparentale, terre d’élection du développement ‘’autrement’’, préconise d’assigner à résidence la concurrence spéculative et le profit spéculatif, de restaurer la compétition et le mérite, d’ajuster les projet social et national face à la mondialisation.

    3 / Leviers de l’économie coparentale

    a – La croissance compétitive.
    Les théoriciens de la décroissance estiment que l’expansion mondiale va se heurter au manque d’énergie et de matières premières et qu’ainsi la solution est de

    restreindre la consommation et le gaspillage. D’autres incriminent la croissance rapide de la population des PVD, bien que l’écologiste Dumont estimait, il y a 50 ans, que le
    développement n’avait pas de limites en soi, mais qu’il convenait de donner la priorité à
    l’agriculture plutôt qu’à l’industrialisation dans une Afrique affamée.
    Ce débat de façade entretient la confusion. La première option est, en effet, soupçonnée de freiner le transfert des technologies d’avant-garde, l’autre d’encourager la délocalisation d’un monde industriel rendu obsolète, vétuste et polluant de façon foudroyante par la compétition mondiale. Dans la course ouverte, rendement et rentabilité sont, certes, des outils efficaces de management, mais, la concurrence spéculative n’en fait usage que pour doper un profit idolâtré, pas pour stimuler le développement. L’option de croissance compétitive postule, en revanche, d’inscrire et réguler le développement dans la structure de productivité des projets d’investissement.

    b – L’espace social de la population mixte,
    – Principes : tutelle des pays parentaux, représentation, subsidiarité .
    – Priorités : aide au développement en Algérie (mise en valeur du Sahara), coopération et formation en France (agriculture, industrie et université franco-algérienne) par les fonds structurels, promotion mixité et budget d’intervention et de promotion.

    c – Dénoncer prioritairement la dérégulation économique .
    Une thèse domine dans la sphère politique, selon laquelle l’identité est meurtrière, et qu’il est essentiel de la neutraliser afin de pacifier les rapports sociaux et la cohabitation entre communautés. A contre-pied, s’énonce la thèse, selon laquelle ce n’est pas l’identité mais la concurrence et le profit spéculatifs, qui sont la source de tous les conflits de cohabitation sociale et de l’exclusion. Pour la mixité qui adhère à la seconde, il est regrettable de dénoncer, à la manière du FN, les effets calamiteux du désordre identitaire (immigration sauvage) et de s’arrêter à mi-chemin de la critique sans oser aller à la cause de la déglingue (concurrence et profit spéculatifs). Le libéralisme refuse, en effet, que la liberté tue la concurrence et que le libre-échange se confonde avec les seuls intérêts des marchés financiers . Ainsi, l’usage même tactique ou stratégique du profit spéculatif ne justifie pas les pillages de l’économie sociale pour accéder à la mondialisation .

    THESE 5 – EXIGENCE DU DEVELOPPEMENT COPARENTAL

    1/ Combattre les pouponnières de la traite négrière et de l’immigration sauvage

    a – La traite négrière, un drame social, la nationalité bafouée.

    La traite négrière est un mouvement migratoire généré par une croissance concurrentielle ouverte dans un cadre économique trop vite confronté aux forces multiples de la mondialisation qui l’encerclent. L’équation de la tenaille migratoire est simple : entre deux pays, si un pays résiste moins qu’un autre à la pression, le plus résistant attire la population délaissée par l’autre. Le transfert n’exige même plus d’aller la
    chercher pour l’assujettir dans un système d’exploitation ou de consommation.

    Parquées derrière leurs frontières nationales, coupées du partage des
    richesses, les populations délaissées, n’ont plus d’autre rêve de liberté et de survie que dans leur fuite vers l’étranger. Harragas, boat-people, sans papiers, faux touristes, malades, clandestins, faux étudiants, hommes, femmes, enfants… ils arrivent par milliers, affrontant seuls les obstacles au risque de leur vie et de leur liberté, se retranchant ensuite, dans les ghettos-pouponnières de la traite négrière pour sauvegarder le bien précieux de leur identité. Jetés sur le pavé des villes pour une vie soi-disant meilleure, les immigrés finissent par concevoir une égale rancune à l’encontre du pays d’accueil. Ils n’ignorent pourtant pas que le mouvement migratoire a comme aboutissant la société de consommation de masse idéalisée par le libéralisme. A décharge, les migrants y trouvent une possibilité d’accès à des activités que la dérégulation et la déréglementation ont délesté de leurs défenses. Beaucoup de petits commerce et de trafics prospèrent sur ce terreau.
    Les politiques de la ville l’ont aussi compris. Elles entretiennent les pouponnières de la traite au profit de l’économie (main-d’œuvre, commerce, consommation, exportations) avec l’espoir d’assagir et conquérir cette population (démographie, survie du secteur public et tertiaire…), oubliant volontiers de faire entendre que l’accueil dans l’un n’exonère pas l’exclusion dans l’autre. (Aux Etats-Unis, le président Obama vient d’ouvrir un grand espoir de coopération directe avec les populations des pays pauvres) .

    b – Les pouponnières de la traite, un scandale social, une fabrique de binationalité.

    Les pouponnières de la traite ont des visages connus : ghettos, quartiers, cités, banlieues… Ce sont les points de chute, de rassemblement et de rayonnement de l’immigration sauvage. Avec Giscard d’Estaing ( Monsieur regroupement familial), la France est passée de l’image des anciens bidonvilles et baraquements pour travailleurs célibataires immigrés, à celle des banlieues et ghettos regroupant les familles immigrées de l’époque post-coloniale. La fonction de ces pouponnières est double : intégrer l’immigré ou, à l’inverse, le marginaliser pour mieux l’exclure. Mais, l’objectif d’intégration est en porte-à-faux : la naturalisation ne crée pas une nationalité française, mais une binationalité, réceptacle de sentiments nationaux distincts fortement assujettis.
    De surcroît, les dérapages et l’ambiguïté de l’accueil viennent de l’incapacité politique et administrative d’affronter la différence de problématique entre deux types de pouponnières : le ghetto social et le ghetto ethnique. Le premier mobilise contre l’exclusion et la précarité. Il est plus ancien, conflictuel, mais intégrateur. Le ghetto ethnique en revanche, dresse une communauté étrangère contre l’organisation sociale du pays d’accueil bâtie elle sur une économie locale. Ce ghetto est antagonique et violent dans la défense de son territoire et d’autant plus expansif que la binationalité est active et que la désagrégation sociale progresse.
    Les deux types de ghetto ont en commun de s’appuyer largement sur l’économie souterraine (drogue, délinquance, trafics en tous genres) pour compenser l’insuffisance
    des revenus officiels ( travail, assistance sociale, petit commerce). Le financement de
    l’immigration sauvage serait à débattre ouvertement, mais, le pactole intéresse aussi les
    deux Etats et des politiciens dont la situation dépend de ces soupapes de sécurité .
    Ce qui est véritablement nouveau dans les ghettos, c’est que l’image
    de l’effort reste partout pitoyable. La honte est sur celui qui travaille dur, gagne peu et vit
    mal. La fierté encense la combine, le jeu, la triche, le trafic, l’argent facile. L’exemple des
    salaires monstrueux et des aides sociales faciles est ravageur.
    Au fond du ghetto prospère la cour des miracles. Mais, les filles réussissent mieux à l’école et sont plus battantes au travail que les garçons. Le matriarcat fait de la résistance dans une France qui a plutôt besoin de femmes dans le tertiaire.

    2 / Déchaînement de l’économie concurrentielle spéculative.

    a – Les constats :
    Significativement, depuis ces trente dernières années :
    – la vague migratoire déverse, chaque jour , le tout venant de l’immigration sauvage dans ces lieux de précarité et de solidarité .
    – on a de moins en moins affaire à une immigration de misère et de travail sous contrôle, comme c’était encore le cas peu après l’indépendance des pays colonisés ,
    – on assiste à une multiplication et une extension sans précédent des pouponnières dans ou autour des villes secouées par la différence persistante de statut social entre les nationaux et les citoyens binationaux ou proches de l’être.

    b – Trois questions ramènent à l’immigration :

    — L’absence de statistiques de gouvernance sociale en Algérie.
    Les études se rapportant aux structures sociales et aux flux migratoires devraient permettre de radiographier l’économie, d’évaluer l’impact de la concurrence par branches et secteurs, d’ainsi prendre conscience des défauts d’organisation et de fonctionnement et de l’urgence d’inventer de nouvelles formes de partenariat et de coopération entre pays d’accueil et d’origine et de réduire, en conséquence, l’immigration sauvage.

    — Le problème sociétal du rôle de la femme en France
    La femme française, on le sait, ne veut plus être réduite à un rôle de reproductrice de l’espèce ni réduite à l’état de marchandise ni de potiche, mais elle se condamne dans sa quête de fonction sociale nouvelle (et de survie) à être l’égale de l’homme : travailleuse .
    Or, il se trouve que le libéralisme conjugue habilement les enjeux et les profits de cette métamorphose. Il le fait au nom d’une liberté individuelle professée par l’idéologie concurrentielle et l’industrie médiatique et, surtout, grâce à une immigration sauvage prise dans les mêmes filets de conditionnement. Sous prétexte de soulager ou valoriser la condition féminine, le libéralisme transfert sur l’immigration les tâches et fonctions délaissées par la femme moderne, y compris celles de l’assise identitaire nationale (emplois, natalité, éducation, culture, assistance…), au cœur de la fonction matrimoniale nationale. Contesté, l’Etat a déserté un combat nataliste pourtant essentiel.

    — Les politiques sécuritaires, éducatives et de la main-d’oeuvre françaises.
    Pour réduire les pathologies sociales (notamment contenir les bandes et l’extrémisme religieux) et pour renforcer l’état de droit républicain, on a multiplié les politiques sécuritaires et éducatives de l’intégration en cul de sac. Mais, celles-ci sont mal adaptées aux problématiques sociales et mal appliquées et elles compliquent l’intégration.
    Si, par ailleurs, les ressources de l’économie souterraine (drogue, délinquance, trafics) soulagent, en catimini, les caisses de l’Etat d’un effort exorbitant d’assistance en faveur de l’immigration sauvage, elles représentent toutefois un impôt parasite colossal révoltant prélevé sur l’économie locale.
    Enfin, la contradiction s’aggrave entre, d’un côté, les réductions drastiques d’emplois des opérateurs économiques et, de l’autre, les entrées massives d’immigrés et les régularisations de séjour. Au final, derrière la bonhomie de l’imagerie officielle et le laisser aller d’apparence libérale affiché (régulièrement écornés par les émeutes de quartiers, les bavures policières, la mise à sac des écoles, les incivilités, les agressions et les bavures policières ou politiques), force est de constater que l’économie souterraine et l’opacité du traditionalisme familial amplifient tentaculairement l’appontement et la croissance migratoires, le communautarisme et la bi-nationalité.

    3/ Légitimité et légalité, condition de la reconstruction

    a – Le primat des valeurs fondatrices de la République

    En 1792, au seuil de l’ère industrielle, la Révolution française proclamait la République, dont la France et l’Algérie sont aujourd’hui légataires et dont toutes deux ont fait leur légitimité et leur légalité. Aujourd’hui, au seuil de la mondialisation et pour les mêmes raisons qui ont conduit à l’identité républicaine, l’immigration et les pays parentaux sont placés au cœur d’un même combat contre les disparités sociales et la surexploitation.
    A l’époque, la doctrine française avec St Simon, Fourrier, L. Blanc, Proudhon… blâmait, déjà, les débordements de la concurrence et du profit capitaliste et dénonçait le culte de l’individualisme économique théorisé par A. Smith, apôtre anglais du capitalisme libéral productiviste, élargi ensuite par J. Stuart Mill et l’Ecole classique. Pour la doctrine, en effet, si la révolution de 89 avait certes magnifié la liberté individuelle, l’identité républicaine, héritière du siècle des lumières, concevait néanmoins que le libre-échange et la concurrence devaient être régulés … par les corporations, l’Etat ou les syndicats.

    b – Conscience et cohérence du combat de justice.

    La création, par une coopération volontariste, d’un cercle de développement défensif rassemblant les pays ex-colonisés et garantissant une immigration ‘’autrement’’, implique, ainsi, de :
    a/ En France, mettre fin à l’immigration sauvage , supprimer les chancres entretenus par les politiques pouponnières de la ville (banlieues, cités, quartiers, ghettos..), condamner la manipulation outrageante des codes de nationalité en vue de blanchir les
    hold-ups répétés de nationalité, condamner l’apologie de l’intégration en cul-de-sac (même la haine du pays d’origine ne fait pas l’amour du pays d’accueil).
    b/ en Algérie, dénoncer les politiques de croissance économique sans gouvernance sociale, réévaluer l’appontement des marchés, transformer les difficultés de
    la population en projet de développement.
    Si la culture porte, certes, les séquelles d’un passé à ne pas oublier, la roue de l’histoire économique a toutefois tourné. Avec la mondialisation, le nationalisme a changé d’ennemi et de dimension. L’appareil industriel érigé depuis 1962 ne compense pas les différentiels de croissance entre pays et monnaies. Le développement et les échanges ont été poussés sur le chemin de la croissance spéculative. Revenus, salaires, consommation, éducation et bien-être forment le carcan d’une économie artificielle, née de, par et pour la rente pétrolière. On a fini par inverser l’équation de croissance. Le profit, produit final, tente vainement d’activer la productivité des appareils de production et d’administration sans s’interroger sur sa finalité, sa méthode, son modèle.
    c/ Au bout de la chaîne de l’immigration, mettre en garde la jeunesse éveillée, objet de convoitise des partis politiques en quête d’électorat oui-ouisme, incapable majoritairement, d’idéologiser son intronisation en termes de progrès et de lutte politique, comme s‘il fallait toujours bien séparer le milieu familial des valeurs de la société civile et ré-ancrer un conflit initial non résolu, de peur de compromettre ou de trahir les siens. Elle ne se bat pas pour un projet de société libre, mais pour hisser en bloc l’immigration et son cadre social dans le pays d’accueil. Elle se bat contre le rejet des autres, pas pour l’intégration des siens. La citoyenneté n’est qu’une arme de conquête, pas un lieu de rencontre et d‘échange apte à rendre la vie républicaine conviviale.
    L’espace social de la mixité, socle identitaire d’accueil, de valorisation et de défense franco-algérien, souhaite que les immigrés le rejoignent et s’y installent …sans double nationalité .

    THESE 6 – DOCTRINE DE LA COPARENTALITE SANS CONJUGALITE

    1/ Nécessité de renforcer et globaliser le positionnement mixte
    A la veille de 2012, la correction de la dérive de la décolonisation et des dérèglements du développement national postule :
    – sur le plan économique, de privilégier la croissance compétitive par rapport à la
    croissance concurrentielle, qui hiérarchise et confronte pays, cultures et populations.
    – sur le plan social, d’instaurer la gouvernance sociale comme tamis des objectifs de croissance économique permettant de lutter contre l’exclusion et les inégalités.
    – sur le plan politique, de dépasser la contradiction capitalisme-socialisme laminée par la convergence des modèles et des politiques économiques. La défense des systèmes identitaires, et parmi eux de l’espace social franco-algérien, s’impose face à des blocs économiques que la croissance concurrentielle rend de plus en plus agressifs et manipulateurs.

    2/ Incontournable : donner du sens, ouvrir des perspectives.
    Trois voies d’action et de réflexion s’ouvrent à la coparentalité sans conjugalité :
    – Le cercle de développement est une voie d’indépendance, qui ne rejette pas les acquis des phases précédentes (dirigisme et ouverture au marché). Il valorise le rassemblement et la coopération, face au pillage de l’économie sociale. La création de l’espace social de la population mixte et la suppression de la binationalité sont un préalable
    – La gouvernance sociale est le tamis des conditions sociales et territoriales des
    objectifs économiques placé sous la tutelle de l’Etat et du Parlement.
    – L’immigration ‘’autrement’’ est une immigration convenue visant à mettre au service du pays partenaire des moyens humains et matériels en vue d’exploiter ou co-produire dans l’un ou l’autre pays des biens et richesses prioritaires (mise en valeur du Sahara en Algérie, formation et entreprises industrielles et agricoles en France… ). Elle impose au pays d’origine le devoir de protéger la dignité et le retour de ses ressortissants .

    3/ Elections françaises 2012. Un enjeu majeur à poser.
    – ou, la France libérale , oublieuse de l’ex-Empire, devient un simple comptoir commercial, une manière de vivre, de parler et de penser en voie d’absorption, de dilution et d’effacement , au sein de l’Europe dominée par les finances de l’Angleterre (et son Commonwealth) et l’industrie de l’Allemagne (et ses Marches de l’Est).
    – ou, la France révolutionnaire, balayant ceux qui occultent la question vitale et cruciale d’un nouveau projet de société, choisit :
    – soit, d’accueillir tous ceux de l’ex-Empire qui veulent rejoindre l’hexagone et devenir Français, et, elle doit, en conséquence, s’ingénier à préparer, à la fois, une réforme constitutionnelle majeure visant à représenter les nouveaux arrivants, et un plan Marshall d’accueil et d’intégration de cet apport pour une France multiraciale, multiconfessionnelle et multiculturelle, sous peine d’imploser et se décomposer. Quelque 130 millions de citoyens français à l’horizon 2050 le justifie. Mais l’Allemagne et l’Angleterre s’opposeront à l’expansion rapide d’un partenaire turbulent qui engendrera un nouveau Bonaparte.
    – soit, de renégocier sa position au sein de l’Europe tenant compte du cercle de développement constitué par les pays de l’ex-empire dans le respect de la nationalité et de l’identité de chacun. En tel cas, Bruxelles deviendrait le centre de l’espace social de la mixité franco-algérien.
    Benammar Christian – Décembre 2009
    Licencié en sociologie, diplômé de l’ENA (promo 1964-68) – Alger

  2. iferhounene dit :

    j’ai l’ouvrage de Rene Rouby et je suis tres satisfait pour ce qu’il apporte en lots d’informations et de précisions qui ne nous sont pas aisées à connaitre.je ne peux blâmer René qui est devenu un bon interlocuteur par la force des discussions et des échanges que j’ai eues avec lui.les informations contenues dans son livre peuvent en effet être lues par tous mais interprétées de façon contradictoires selon que l’on soit algérien ou français.Soit dit en passant , je n’ai hesité à faire remarquer à Rouby , que je continue encore à me poser la question de savoir ce qu’il etait »foutre  » en kabylie en période de guerre?La réponse qu’il m’a apporté m’a tranquillisé :il a cru aux vacances algériennes et à la mission civilisatrice de la propagande coloniale.c’est dire que ce ne sont pas seulement les harkis qui ont été berné par l’idéologie coloniale mais aussi un grand nombre de jeunes français.Mais que veux tu que la bonne y fasse?!
    voilà un document qui servira à mon prochain livre qui sera édité par Harmattan .j’ai tenu à le dire haut et fort à René que l’épreuve qu’ils ont subie lui et Joël est infiniment minime par rapport a celle que le colonialisme français a fait subir à mon père( voir mes ouvrages « fils de fellagha » paru aux éditions Publibook et mémoires d’enfant de la guerre-Kabylie 1956-1962″ aux éditions Harmattan).il est évident que l’on peut féliciter son géolier encore moins faire son éloge a titre posthume. René Rouby a bel et bien été le prisonnier des troupes du colonel Amirouche , qui au demeurant a tremblé plus d’un soldat français.mais!mais!!! ne dramatisons point!les soldats et/ou gradés français qui ont eu à a affronter notre vaillant colonel n’ont pas cherché du tout à occulter le courage , la haute stratégie et le combattant infatigable et rusé.lisez donc CONROUX.En tout état de cause , ces ouvrages qu’ils soient venus de René Rouby , de Jean Conroux OU DE jEAN collet ne sont que la preuve que ce personnage illustre qu’est Amirouche mérite bien plus des romans imaginaires mais de véritables témoignages historiques. personnellement , je comprend la réaction explosive de René, de même que je compatis à titre posthume , à la douleur des parents de Joël qui , lui n’a pas pu résister au régime que subissent quotidiennement les  » fellaghas ».ses parents sont morts de chagrin suite à la disparition ,puis par la suite …la mort de leur enfant unique.
    René a gardé marque indélébile de la rancune qu’il vouait au colonel,comme moi j(a gardé un traumatisme inguérissable du capitaine Wollf, du lieutenant Pelardy commandant la 2° compagnie du 6°BCA posté à Iferhounéne.
    Si René et Conroux reconnaissent la valeur de ce lion du Djurdjura,pour dire dans un langage presuqe puéril , si ce n’est la meutrissure laissée par la guerre,moi par contre j’ai enfoui au fond de mon psychique la phrase assassine du capitaine Wollf « tuez le,c’est un fellagha!c’est une famille de fellaghas » quand le tortionnaire avait fait son rapport oral par le biais du poste de transmission : » mon capitaine , il ne veut pas parler,que doit on faite de ce prisonnier? »

  3. René Rouby dit :

    en réponse à Mr Azouaoui, je le remercie de ses propos car ils ont au moins le merite de proposer le debat. Mais il n’a pas lu mon livre et son jugement est donc partiel.
    Je n’étais mas militaire mais fonctionaire de l’education nationale,je n’etais pas sous controle militaire mais dépendant de l’inspection accademique de tizi ouzou…j’étais bien otage puisque le colonel Amirouche lui même a ecrit à nos parents en France pour les menacer de notre mort si ils ne cooperaient pas avec le fln.( lettre reçue entre autre par les familles de mes camarades de prison…
    quant » aux observations faites pour avoir failli attirer l’attention de l’ennemi », lorsqu’elles se traduisaient par une menace de décapitation, on ne peut pas dire que se soit anodin…n’oubliez pas que 14 compagnons de captivité sont morts à mes côtés en 4 mois…
    lr docteur Benhabid nous a rendu visite 2 fois…grand instant d’humanité ecris-je, et je lui ai rendu hommage ainsi qu’à mon gardien Mokrane qui a fait preuve ausside grande humanité à mon égard,sans lui je serais mort, tout en étant un bon moudjahidin…Je n’ai pas écrit ce témoignage pour provoquer le peuple algérien ni créer une quelconque polemique…Je ne connaissais rien de cette guerre terrible et en France la grande majorité des français etaient ignorant de ce qui se passait en Algérie..
    .Voyez vous cher monsieur, en 1958, mon petit village de lozère était comme le douar des beni yenni où je me trouvais :pas d’eau à la maison, pas de sanitaires non plus,pas de rues goudronnées, et des gens qui comme les gens de kabylie trimaient pour que la terre les nourisse…seule mais oh combien grande difference avec la kabylie:il n’y avait pas la guerre…et ça je sais que c’est un privilège absolu de vivre dans la paix…
    Si mes ecrits vous ont blessé cher monsieur, je le regrette et j’en suis attristé…
    Je ne possede pas les informations ni la vérité pour juger des torts des acteurs de l’epoque, je n’ai raconté que mon vécu, voulant par cela participer au devoir de mémoire et de vérité necessaire pour que notre generation et celle de nos enfants comprennent et agissent pour une entente fraternelle entre nos deux pays…
    Difficile, mais pas impossible avec des gens de bonne volonté…
    Cordialement rené rouby

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