Aït Ikhlef, 21 avril 2010 (BMS) – Décédé dimanche à 14 h au CHU de Tizi – Ouzou des suites d’une maladie, Chérif Messaoudene, directeur du centre culturel Ferrat Ramdane de Bouzeguene, a été inhumé hier dans son village natal d’Aït-Ikhlef. Il a été accompagné à sa dernière demeure par une immense foule qui a tenu à lui rendre un émouvant hommage à la mesure de l’homme d’exception qu’il fut. Sa perte a été fortement ressentie par tous et les mots manquaient pour décrire les sentiments et les émotions qu’elle a générés auprès de tous ceux qui eurent la chance de le côtoyer.
Dans la foule, de grands noms de la culture ont tenu à être là pour dire, avec des mots simple, toute l’admiration qu’ils avaient pour lui. L’écrivain Amine Zaoui, le S/G du HCA Youcef Merahi qui est aussi essayiste et poète, la réalisatrice Habiba Djahnine, Mouloud Lounaouci docteur en sociologie, Ameziane Medjkouh président de la chambre de commerce et d’industrie du Djurdjura, Mohand Messaoudene, chercheur en foresterie pour ne citer que ceux là ont bien voulu nous livrer leurs impressions sur cette tragique disparition qui n’a pas laissé insensible un seul citoyen de la région qui lui voue un culte quasi- sacerdotal après tout ce qu’il avait fait pour la culture.
Habiba Djahnine, cinéaste : « Je suis bouleversée. C’est une perte énorme pour tous. Il nous a toujours reçus avec chaleur et humilité. Je ne trouve pas les mots pour parler de lui et restituer fidèlement tout ce qu’il avait fait.
Amine Zaoui, écrivain: Chérif était l’ami de tous les intellectuels du pays qui venaient avec des projets. C’était un véritable monument. Il était imaginatif et constamment à la recherche d’un espace de rêve, de lumière et de force. Il est parti jeune et j’espère qu’on gardera de lui la superbe image de militant de la culture menant inlassablement un combat de tous les instants pour l’avenir de l’Algérie ».
Youcef Merahi ex S/G du HCA essayiste et poète: Au premier contact qu’on a eu, j’ai vite compris que Chérif était un homme d’exception. C’était un militant des causes nobles, un amoureux du livre habité par la culture qui aidait beaucoup les jeunes. Il était très simple, timide mais très fort. Sous une apparente fragilité se cachait un homme d’une grande solidité qui croyait en l’avenir de son pays. C’était un fils de famille, propre, honnête, probe qui s’est totalement investi pour la jeunesse dès qu’il a pris en charge la culture.
C’était un homme désintéressé, réservé mais très positif. Je ne pourrai jamais oublier la couleur de ses yeux et la splendeur de son sourire. Je suis orphelin de Chérif. Je l’estimais comme mon frère, mon ami. J’espère que Bouzeguene pense la même chose. Il m’appelait Da Yucef. A mon tour de l’appeler maintenant Da Cherif. Je lui dis Akyerhem Rebbi a Da Cherif. Il n’est pas mort du moment qu’il n’est pas enterré dans nos cœurs. Son nom doit impérativement être donné à un édifice.
Mouloud Lounaouci, docteur en sociologie: S’il y a une vie culturelle ici, c’est grâce à Chérif. C’était un homme de culture avec laquelle il était marié comme il le disait si bien. Mais un homme de culture jamais impliqué dans les cercles politiques. Très positif, il était l’ami des intellectuels et de tous ceux qui font la culture. Un vrai bâtisseur aussi. Ce qu’il avait fait parle pour lui.
Arab Chih, journaliste : Je suis profondément touché par la disparition de ce grand militant de la culture que j’ai eu l’honneur et le privilège de côtoyer. C’était un militant de conviction qui s’est distingué par engagement sans faille en faveur des causes justes.
Kacimi Zineddine, historien : On enterre Chérif aujourd’hui, on l’accompagne et il va renaître car c’est la lumière, le phare de Bouzeguene. Chérif était convaincu par ce qu’il faisait et il se donnait le courage de le réaliser. Homme de sacrifices, il avait une profondeur de vue de la société qu’il connaissait bien. C’était aussi une courroie de transmission entre les citoyens et les institutions dans les domaines de la culture et de l’histoire.
Amara Meziane, P/APC d’Ath-Zikki : C’est une perte non seulement pour sa famille et son village mais pour toute la région et le pays. Il était un grand militant de la démocratie, un homme qui a fait sortir la région de l’anonymat par son travail inlassable. Une deuxième grande perte après celle de Smaïl Aliane. Que son âme soit en paix.
Mohand Messaoudene, chercheur en foresterie : Cherif avait su également faire la jonction entre la culture et l’environnement et développer des projets en conséquence. Ami du livre et de la nature, il voulait faire entrer l’environnement dans la culture dans cette région qu’il a sortie de l’anonymat par des activités riches et diverses.
Mehenni Amroun, chanteur et comédien : Benmohammed a appelé pour dire toute son émotion et faire l’apologie de Cherif qui avait une place dans le cœur de tous les intellectuels et des artistes. Il est irremplaçable. Son inhumation coïncide avec la date-symbole du 20 avril. Un bien curieux hasard de calendrier…
Hanouti Sadi, vice-président de l’APW de Tizi-Ouzou : Chérif était un militant de la jeunesse pour qui il avait beaucoup fait durant sa vie. Il avait fait aimer la culture aux jeunes de la région. Par sa vision et la diversité de ses actions, il avait brassé tous les secteurs et toutes les disciplines par ses activités culturelles multiformes.
Impressions recueillies par Hammoum Salem
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