• Accueil
  • > Accueil
  • > Algérie-politique: Comment lire et « interpréter » le discours du président Bouteflika adressé à la Nation ? (Par Ahmed ROUADJIA) – 20 avril 2011 –

Algérie-politique: Comment lire et « interpréter » le discours du président Bouteflika adressé à la Nation ? (Par Ahmed ROUADJIA) – 20 avril 2011 –

Classé dans : Accueil — Mohand Said Belkacemi @

Algérie-politique: Comment lire et « interpréter » le discours du président Bouteflika adressé à la Nation ? (Par Ahmed ROUADJIA) - 20 avril 2011 -  dans Accueil daily740_80
gif740bouzeguene dans Accueil
daily740_80trice

barrekab3
barreblanc
Algérie-politique: Comment lire et « interpréter » le discours du président Bouteflika adressé à la Nation ? (Par Ahmed ROUADJIA) - 20 avril 2011 – Comment  « interpréter » le discours que le président de la République a adressé à la nation ce 15 avril 2011 ? Il s’interprète d’abord comme un discours d’assurance et, ensuite, comme discours d’anticipation. Comme discours d’assurance, il entend certifier au peuple que tout ou presque « va pour le mieux » en dépit de tous les mécontentements, les frustrations et les sentiments d’injustice qu’il ressent au quotidien. Comme discours d’anticipation, il entend prévoir et mettre en garde contre les tentations, d’où qu’elles viennent, de prendre pour modèle les révolutions de  Tunisie et d’Egypte. Même pacifiques et relativement bien « réussies », ces deux révoltions n’auraient pas de raison de se reproduire en Algérie où rien ne les justifie, puisque notre pays a réalisé non seulement la paix civile, et la démocratie que reflète notre pluralisme attesté par une trentaine de partis ayant pignon sur rue, mais aussi de grandioses projets économiques dont les retombées positives feraient sentir leurs effets immédiats sur le chômage des jeunes et sur le déficit en logement, et qui sont tous deux en passe d’être résorbés.
     L’épouvantail de la peur… - Dans son discours, le président se pose en « rassembleur » et en garant de l’unité nationale. Chose éminemment louable. Mais tout en voulant susciter autour de sa personne « l’union sacrée » de la nation déjà frustrée, inquiète et démoralisée par les scandales financiers, la corruption tentaculaire, les passe-droit, la mauvaise distribution de la manne pétrolière, et par l’injustice rampante qui affecte surtout les couches inférieures de la société, le président use cependant des réflexes de la peur comme pour dissuader le peuple, las et plus que jamais déprimé, de se révolter à l’instar de la rue arabe. En faisant allusion au spectre de la décennie noire, il entend mettre en garde contre le retour subreptice des démons de la violence terroriste que des manifestations populaires, même pacifiques, pourraient réactiver en lui donnant du poil de la bête. Le président pense implicitement que la guerre fratricide en Libye pourrait faire le jeu de la Qaïda, qui n’hésiterait pas à s’y redéployer en faisant de ce pays ensanglanté une base de repli et d’attaques dirigées contre l’Algérie. Hypothèse qu’il ne faudrait  certes pas écarter tant les frontières entre les deux pays sont longues et « poreuses ».
    Conjurer la Fitna -La Libye pourrait devenir le terreau fertile de la Qaïda, qui ne manquerait pas de s’exporter vers l’Algérie pour rééditer la Fitna qu’on a pu éteindre durant la décennie écoulée. Le président en est donc bien inquiet et c’est pourquoi il met en garde tous ceux qui seraient tenter de réinstaller la peur au sein des familles algériennes. « La fitna, dit le président est plus grave que le meurtre et c’est au prix de sang et de larmes que l’Algérie demeure unie et forte, que la République et ses acquis démocratiques sont préservés et que l’espoir est à nouveau permis.». La fitna, la discorde, est un danger mortel que tous les algériens, sans exception ont en horreur. Ce sentiment est partagé par tous, à l’exception des terroristes patentés qui rêvent d’instaurer par la terreur une République islamique imaginaire. Cependant affirmer que l’Algérie est un pays aux « acquis démocratiques préservés » relève de la pure fiction. Comment faire croire en l’existence d’une démocratie lorsque des manifestations pacifiques sont violemment réprimées par les forces de l’ordre ou  quand la Télévision se ferme aux voix discordantes par rapport à celles des officiels ?
    Le cauchemar libyen et la manière de le conjurer… - La Lybie est devenue un cauchemar, une source d’agitation et d’inquiétude qui rend le sommeil agité de nos politiques et de nos experts agrées. Si ces inquiétudes sont compréhensives et légitimes, la parade trouvée pour conjurer ou exorciser les fantômes nés de ce cauchemar libyen me paraît inadéquate, et politiquement improductive sur le long terme.Comment un pays qui se prétend démocratique se garde d’élever la voix contre les massacres que commis le leader libyen contre son peuple ? Au motif que la Qaïda serait derrière ces évènements dramatiques, notre gouvernement se tait, louvoie et donne l’impression d’être le complice de Ghaddafi et de son fils Seif al-Islam qui se disent « victimes » d’un complot ourdi par cette organisation terroriste supranationale. Au lieu d’afficher une position ferme, claire et audible pour tous au sujet de la Libye ou de répondre avec tact aux griefs faits à l’Algérie, accusée à tort ou à raison par le Conseil National de Transition (CNT) de Benghazi, de soutenir en sous-main Ghaddafi, M. Abdelaziz Belkhadem n’a pas trouvé d’autres mots convenables que ceux de l’invective. Aux détracteurs de l’Algérie,  il leur lance à la face ces mots qui n’ont rien à envier à ceux que s’échangent les communs des mortels dans nos marchés aux bestiaux : « Ces gens, dit-il, et avec tout le respect que je dois à leur piété, doivent faire leurs ablutions avant de parler de l’Algérie… ».
    Parler un tel langage ne sied pas à un homme d’Etat. Ces « gens-là » qu’il regarde avec hauteur, seraient donc moins « purs » religieusement parlant que nos autres algériens. C’est de l’intégrisme religieux et de l’intolérance à l’envers ! Secrétaire général du FLN moribond, M. Belkhadem est en même temps un des conseillers les plus proches du président, dit-on. C’est sous cette double casquette qu’il agit et par laquelle il se donne des allures d’ « importance », mais  qui masque mal cependant les contradictions et les ambigüités qui marquent  ses actes et ses discours politiques. Il se prend pour un algérien « distingué », au patriotisme fier et ombrageux ; se considère comme un musulman croyant, laïc et moderniste à la fois ; il est confrérique et en endosse le costume à l’occasion ; il est consommateur occasionnel des rites magiques, sans être pour autant mystique au sens « obscurantiste » ; il se dit anti-impérialiste, et surtout anti- francophone déclaré.
    Bref, il se sent plus algérien et patriote que les autres. Il se sent comme étant le dépositaire d’une tradition religieuse, nationaliste et révolutionnaire sans conteste.C’est peut-être en raison de toutes ces « qualités » réunies que le président lui a fait appel pour être l’un de ses « conseillers. » Mais le président l’écoute-t-il toujours ? La question reste en suspens. Revenons maintenant a la teneur du discours présidentiel. Produit de plusieurs regards croisés, et d’une réflexion collective de quantité de conseillers-experts en politique et en « géo- stratégie », ce discours se présente à la fois comme un bilan globalement positif de ce qui a été entrepris et fait durant les deux mandats présidentiels et comme un nouveau programme d’action axé sur l’avenir et qui promet des changements radieux au profit de la nation.
    Un bilan globalement positif – Deux gigantesques programmes d’investissements publics à tous les niveaux ont été engagés, et le troisième est en passe d’être réalisé. Les années 2000 furent marqués par des réalisations grandioses qui se sont traduites sur le terrain par la construction d’infrastructures de base et d’équipements socioéconomiques. A quoi s’ajoutent le logement et le chômage qui ont été résorbé dans « une large proportion ». Durant la même période, les « principes de justice sociale et de solidarité nationale » ont été restaurés grâce  « aux importants transferts sociaux et les multiples forme d’aide octroyée par l’Etat pour subventionner les produits de première nécessité et améliorer les services publics ».L’Etat a su satisfaire les revendications sociales légitimes des citoyens, et à réduire l’inflation importée du marché mondial par la mise en place d’un mécanisme de stabilisation des prix des produits de première nécessité. Parallèlement, l’Etat poursuit ses efforts en matière de construction de logements afin de satisfaire les demandes en souffrance, et l’actuel programme quinquennal table sur la réalisation de deux millions de logements, dont plus d’un million sera livré avant 2014. L’accès à l’habitat rural sera facilité, et les familles désireuses de construire un logement bénéficieront de prêts auprès des pouvoirs publics . Telles sont, entre autres, les réalisations les plus marquantes, sur lesquelles a insisté le président dans son discours à la nation. En dépit de toutes ces réalisations « grandioses » arguées, le président reconnaît cependant que l’on ne peut affirmer que « tout va pour le mieux». Car « des fléaux sociaux tels la corruption, le népotisme et le gaspillage sévissent et l’Etat s’emploie à les combattre avec vigueur et détermination. Voilà une autre bataille qu’on ne peut remporter qu’avec la participation de toutes les catégories de la population, car tout ce qui est réalisé l’est pour vous, avec vous et grâce à vous. ».
    Mais là on reste sur notre faim. Comment faire appel à la participation des citoyens à la bataille contre ces fléaux qui sont quasiment institués et font partie des mœurs politiques des hommes de l’Etat, lesquels ne sont d’ailleurs point élus par le peuple, mais cooptés ou désignés par décrets ? Pour que cette bataille contre  ces « fléaux » puisse être couronnée de succès, ne faudrait-il pas que ces couches sociales soient non pas fictivement, mais réellement représentées par des hommes légitimement élus par elles ? Le président qui n’ignore pas ces modes de désignation qui sont aux antipodes de la représentation politique que fondent et légitiment les urnes, se laisse pourtant guider par ses réflexes d’idéologue et d’homme d’appareil en laissant croire que les fléaux en question pourraient être combattus par ceux qui les ont érigés en un « système de gouvernement » des hommes et des choses.
    Les acquis matérialisés et les changements projetés – Tout en affirmant d’un côté et avec force que l’Algérie est un pays démocratique et pluraliste où la liberté d’expression ne rencontre aucune entrave, le président reconnaît de l’autre côté que la soif de démocratie, de liberté, et de justice sociale n’est pas totalement étanchée, et que l’Etat de droit qui s’avère une revendication sociale légitime, n’est pas totalement acquis. Et d’où la nécessité d’ « opérer des réformes socioéconomiques et politiques » dans le sens de « l’approfondissement du processus démocratique, le renforcement des bases de l’Etat de droit… », bases qui demeurent chancelantes tant l’injustice, la corruption et l’incompétence continuent de faire leur œuvre ravageuse dans l’impunité totale. Pour le président la démocratie existe, mais elle demande seulement à être renforcée. Elle est attestée par l’existence de 30 partis politiques, par un Parlement pluriel et par une liberté d’expression,  toutes choses dont « nous pouvons être fiers », comme on doit l’être aussi d’appartenir à un pays : « qui ne compte aucun prisonnier d’opinion ni détenu politique. Un acquis remarquable qu’il convient de consolider pour en assurer la pérennité ».
    Qu’en est-il maintenant de la justice ? La question renvoie au problème du droit. Le président qui ne se prononce  ni sur la qualité ni sur les défauts de cette justice, se contente seulement d’indiquer qu’elle « requiert (…) un Etat- fort,  capable d’instaurer une plus grande confiance entre l’administration et les citoyens. » Cela sous-entend que cet Etat-fort, en termes de droit, n’est pas encore bâti, mais à bâtir. Il souffre encore des bien de défauts qu’il faut pointer, et le président les suggère plus qu’il ne les explicite.  Les verbes « requérir » et « instaurer »  qu’il emploie renvoient à des projections dans l’avenir, et soulignent que cet « Etat-fort » appelé de ses vœux à s’édifier sur des bases juridiques solides et durables demeure encore entaché d’imperfections.
    Le fait d’exprimer le vœux de voir s’instaurer : «Un Etat reposant sur une administration compétente et crédible et un système judiciaire placé sous la seule autorité de la loi », prouve en soi que ces conditions ne sont point réunies, mais à réunir. Pour qu’elles le soient effectivement, il faut surtout que : « que nos instances élues puissent jouir d’une légitimité incontestable », ce qui est loin d’être le cas, en effet, puisque ces prétendues instances élues ne bénéficient quasiment d’aucune confiance ou crédibilité aux yeux de la masse des « électeurs » de base dont les voix ne comptent guère dans la balance des décisions politiques. Notre président le sait et le suggère dans son discours, mais il se garde bien de dénoncer clairement ces graves déficits de légitimité patente.
    L’amour de l’immortalité. – Au crépuscule de sa vie, notre président semble attacher un grand prix à l’idée antique, chère aux Anciens Grecs, de l’immortalité des hommes élevés au rang des Dieu. Le royaume terrestre ne l’intéresse que pour autant qu’il lui permette de se hisser sur les cimes du Royaume céleste, lieu d’éternité. C’est pourquoi il tente d’imprimer ses marques, de laisser des traces à la postérité en produisant des discours « chocs » et des promesses de réformes profondes de l’Etat, quitte à ne pas les tenir. L’essentiel étant que ses empreintes verbales s’archivent dans les documents et dans les imaginaires.
    C’est moins l’efficacité qui lui importe que « l’image » sans taches d’homme d’Etat qu’il s’est composée lui-même et qu’il voudrait bien léguer aux cervelles aussi bien vieillissantes que juvéniles. Comme me le disait naguère feu Chérif Belkacem, alias Djamel, qui fut un des vieux compagnons du président actuel au Conseil de la Révolution, M. Bouteflika se serait toujours signalé par un égocentrisme tel qu’il ferait passer cette image positive de soi avant toute autre considération….
    Que dit-il et que fait-il justement le président pour refondre les structures de l’Etat et instaurer la confiance entre celui-ci et la nation désorientée et déprimée faute de représentation et d’intermédiation politique ?Tout ou plus propose-t-il aujourd’hui encore des retouches, des amendements de la Constitution, déjà révisée sous son impulsion pour lui permettre de briguer un troisième mandat qu’il a remporté grâce à l’appui de notre  Parlement postiche fortement appuyé par des partis fantomatiques d’ « opposition » soudain métamorphosés en « une alliance présidentielle »  et dont la mission aura consisté jusque ici à applaudir et à encenser  tous les gestes et les paroles d’un président présenté comme le sauveur de l’Etat et de la nation.
    Alors qu’en deux mandats il n’a pas réussi à réformer la justice pour laquelle une Commission a été instituée à sa demande, le président malade et vieillissant et qui touche à la fin de son troisième mandat, pense pouvoir réussir son pari de réforme judiciaire. Il envisage de refondre l’édifice constitutionnel en s’appuyant pour ce faire sur notre Parlement croupion en soumettant à son approbation son nouveau projet de réforme annoncée in extremis. Le président aurait  bien  pu se dispenser de ces efforts inutiles en s’inspirant du travail de bénédictin mené par la commission de la réforme de la justice présidée par le professeur Mohand Issad, et dont les résultats formidables ont été tout bonnement mis au rancart !
    Au reste, le discours du président se résume  comme un simple vœux pieux. C’est du déjà vu. Il n’apporte rien de neuf et ressort d’effets d’annonce publicitaire. Ce sont de simples promesses destinées à apaiser les présentes tensions sociales et politiques  en attendant  qu’il finisse son mandat et ses jours, sans troubles ni remous. Fatigué par l’âge, et non par le pouvoir et le prestige de la fonction qui en découle, notre président n’a qu’une idée en tête : s’éteindre sur le trône afin que l’Algérie entière puisse lui organiser des funérailles nationales grandioses et mémorables, à l’image de celles non moins inoubliables de son défunt patron, Haouari Boumediene, que le Dieu tout Puissant puisse lui accorder sa bénédiction !   

Ahmed Rouadjia

20avril2011mak740

bas_bouzeguene3
daily740_80bis

bas_bouzeguene

BMS sites: – Bouzeguene NewsKabylie Newssur Unblog.fr  – Kabylie News

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

leduc94 |
Mobilisation DEASS 2007 |
blogdanton |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Ensemble, Préservons Rognac...
| Elections 2008 Municipales ...
| UN AUTRE MONDE EST POSSIBLE...